Les Jeunesses musicales à Joliette
 
 

 

 
   

I - Perspectives historiques

  • Propager la culture et développer le talent
  • Une présence soutenue à Joliette
  • Le père Lindsay entre en scène
  • Une programmation diversifiée
 
     
 

 

Fondation des Jeunesses musicales à Joliette, 1951. (De g. à d.) Gilles Lefebvre, président des JMC, Edouard Gervais, maire de Joliette, Jacques Dugas, avocat. Photo: Studio Nicholson. Source: ACCJ.

 

Propager la culture et développer le talent

Le 11e centre des Jeunesses musicales du Canada (JMC) est créé à Joliette en 1951. Un comité, comprenant, entre autres, le père Rolland Brunelle, travaille depuis plusieurs mois à l'établissement de ce centre. Gilles Lefebvre, co-fondateur et président des JMC, vient lui-même procéder à son ouverture en septembre 1940. Il reviendra souvent par la suite assister aux concerts à Joliette.

 
   

 

Ce violoniste, qui a étudié avec Arthur Leblanc, Norbert Dufourcq et Georges Enesco, donnera d'ailleurs ici ses premiers concerts. Il suivra de près le développement de l'organisme ainsi que l'essor de la vie musicale dans la région.

 
   

 

Madame Martin, présidente des JMC de Joliette. Source: ACCJ.

 

 

Les JMC sont rattachées au Mouvement international des Jeunesses musicales. Elles ont été mises sur pied en 1949. C'est à elles que nous devons la création, en 1951, du camp musical du Mont-Orford dans l'Estrie qui recevra les premiers gagnants du Festival-Concours de musique de Lanaudière.

Les Jeunesses musicales ont pour mandat de propager la culture musicale chez les jeunes Canadiens et d'aider les interprètes et compositeurs de talent à développer leur carrière au Canada et à l'étranger, peut-on lire dans L'Encyclopédie de la musique au Canada.

 
   

 

Elles visent, comme le dit bien Raymond Locat dans La Tradition musicale à Joliette, à mieux faire connaître la musique chez les jeunes, à leur procurer une initiation musicale par des concerts commentés et à affiner chez eux le goût musical.

Une saison des JM comprend quatre concerts qui sont pris en charge par un comité local. Celui-ci reçoit un dossier pédagogique qui fournit des informations sur les instruments ainsi que sur les formes musicales.

Des commentaires historiques et analytiques sont donnés aux auditeurs avant l'exécution de l'œuvre.

C'est souvent l'interprète invité qui est chargé de cette introduction. À Joliette, Andrée Désautels, musicologue et rédactrice en chef du journal des JMC (le Jmc), remplira pendant plusieurs années cette fonction dans les débuts.

 

Le Festival-Concours de Lanaudière
  • Les JM de Joliette créent leur propre concours
  • Des premières années qui donnent le ton
  • Des concurrents qui se sont fait un nom
  • Un stimulant pour les jeunes
  • Un festival qui concourt toujours au développement de la musique
     

Le Trio canadien aux Jeunesses musicales, vers 1960. Source: ACCJ.

 

 

 

     
   

Une présence soutenue à Joliette

Quelques mélomanes de Joliette, Jacques Dugas, Louis Grypinich, Suzanne et Marthe Fontaine, Rita Dupuis et Gilles Boyer, voient au bon fonctionnement des activités des JM dès la première année.

Ils poursuivent, avec les JM, les activités de la Société des concerts affiliée à la Community Concerts (1938-1940) et celles des Amis du Séminaire entreprises par le père Wilfrid Corbeil en 1940.

Notons que certains membres des JM avaient déjà de l'expérience dans l'organisation de concerts puisqu'ils avaient participé, comme Louis Grypinich, à l'une ou l'autre de ces deux organisations.

 

On reconnait sur cette photo quelques-uns des auditeurs du concert de Mme Lise Olivier, au Séminaire de Joliette [vers 1964], lors de l'inauguration du nouveau piano Steinway, récemment acquis par le Séminaire. De gauche, à droite, M. Henri Pontbriand, président du Centre-Joliette des Jeunesses musicales; Mme Pontbriand; le Rév, Père Emile Jetté, c.s.v., supérieur du Séminaire; Mme Lise Olivier, pianiste; son Honneur le maire Camille Roussin et Mme Roussin; le père Fernand Lindsay, c.s.v., directeur des Jeunesses musicales. Source: ACCJ.

 

 

Mme Henri Ponbriand, M. Gilles Lefebvre, directeur national, Fernand Lindsay, directeur des JM. de Joliette, Sir Ernest McMillan, président national, et M. Henri Pontbriand, président des JM de Joliette. Source: ACCJ.

 

 
   

Le violoniste Arthur Leblanc, la basse Joseph Rouleau, la mezzo-soprano Réjeanne Cardinal et le pianiste français Pierre Sancan font partie de la première saison des JM à Joliette. Les concerts sont présentés à la salle académique du Séminaire. La seule salle d'ailleurs à pouvoir accueillir de tels événements puisque les concerts attirent alors un large public.

Avec les années, il deviendra cependant de plus en plus difficile de remplir les salles. Il faudra même faire preuve de beaucoup de courage pour continuer, à partir des années 1980, à présenter des concerts des JM alors que le public se fait de plus en plus rare.

Ce n'est pas le cas dans les années 1950 et 1960. À cette époque, les gens sont nombreux à venir applaudir la contralto Maureen Forester, le violoniste Henryk Szeryng, le guitariste Alexandre Lagoya, le pianiste Vlado Perlemuter, l'organiste Bernard Lagacé, le baryton Bruno Laplante et combien d'autres.

 
 
   

 

Rappelons-le, l'objectif des JM est pédagogique. En plus de présenter des concerts commentés qui permettent aux spectateurs de situer l'œuvre dans l'histoire de la musique et la forme dans laquelle elle a été composée, les JM offrent des programmes à contenu plus éducatifs sans pour autant délaisser l'aspect "divertissant" du concert.

Ainsi le pianiste Neil Chotem racontera, par le biais de courtes pièces, l'histoire de la musique à travers les siècles alors que le ténor Jacques Labrecque dressera un tableau des chansons populaires d'origine française.

 

 

Vlado Perlemuter, pianiste virtuose et professeur au Conservatoire de Paris, en visite à Joliette, à l'invitation des JMC. Source: ACCJ.

 
 

Duo Marie-Andrée Benny (flûte) et Nathalie Teevin (harpe) pour Radio-Canada, vers 1980. Source: ACCJ.

Hermel Bruneau
  • Concertiste et professeur
   

 

Des artistes originaires de la région qui ont entrepris une carrière professionnelle, reviennent à l'occasion se produire dans une salle qui a connu leurs premières prestations en public. Cela a été le cas du claveciniste Hermel Bruneau, de la violoniste Angèle Dubeau, de la flûtiste Marie-Andrée Benny et de la contrebassiste France Beaudry, entre autres.  

 

La Lanaudoise France Beaudry réalise une première en devenant la première femme à détenir un poste au sein d'un orchestre allemand. L'Action, 27 août 1985. Source: ACCJ.

     
 

Photo de groupe autour du père Fernand Lindsay, vers 1960-1965. Source: ACCJ.

 

Le père Lindsay entre en scène

En 1957, cinq ans après la création du centre à Joliette, le père Fernand Lindsay devient responsable du comité local des JM. Rassembleur, passionné de musique, il s'entourera de bénévoles et s'activera à faire croître l'organisme.

 
   

 

Bien au fait de la vie musicale au Québec et au Canada, il aura tôt fait d'ajouter de nouveaux concerts aux quatre activités proposées annuellement par le secrétariat national des JMC.

 

En 1987, Marcel Masse témoigne de son amitié pour Fernand Lindsay, dans le Joliette Journal du 1er juillet 1987. Source: FL.

Fernand Lindsay

 

I - Un homme de musique
II - Un legs impressionnant
   

 

Au début des années 1960, il commence à travailler avec le futur ministre de l'Énergie et des Ressources, Marcel Masse. Ils désirent tous les deux élargir la clientèle et, comme le dit M. Masse, aller chercher les élèves de l'école publique. Briser en quelque sorte, le ghetto de l'élite.

Jusqu'à ce jour, les concerts ont d'abord été offerts aux élèves des pensionnats. Un effort sera donc fait afin de diversifier l'auditoire et, de ce fait, de démocratiser la musique. Parallèlement, le nombre de concerts augmente et en 1961 les JM de Joliette présentent 12 soirées musicales.

 

 

Quatuor de saxophones Pierre Bourque, aux JMC en 1965-1966. Source: ACCJ.

 

 
 

Dale Bartlett, pianiste, gagnant du premier Grand Prix du Concours Nationnal des JMC, 1964. Source: ACCJ.

 

Avec les années, le père Lindsay s'est lié d'amitié avec des musiciens et des responsables de la musique au pays. Il connaît très bien, par exemple, le directeur des JMC et du camp musical du Mont-Orford, Gilles Lefebvre.

Il accepte toujours avec joie de recevoir, lors de concerts hors séries, les artistes que ce dernier a invités comme professeurs à Orford l'été précédent et qui reviennent en tournée au Canada, au cours de l'année.

 

Affiche des JMC en 1971-1972. Source: ACCJ.

 
 
   

Au début des années 1970, le père Lindsay est nommé au Conseil provincial puis au Conseil national des JMC. Cette présence au cœur même de la vie musicale du pays le mettra encore davantage en relation avec tout le milieu de la musique: ses organisateurs et ses artistes.

Pas étonnant alors que les JM de Joliette se retrouvent sur l'itinéraire de tant de grands musiciens.

   
     
 

Une programmation diversifiée

Si les JM présentent d'abord des solistes et de petites formations comme le Trio Borodine ou le Quatuor à cordes Orford , elles font également place à des orchestres symphoniques et à de larges ensembles tels les orchestres symphoniques de Montréal, du Conservatoire de Québec, du Centre national des arts ou les Percussions de Strasbourg.

 

Les Percussions de Strasbourg aux JMC, vers 1990. Photo: Jacques Aubert-Philips. Source: ACCJ.

 
 

Les Grands ballets canadiens au Séminaire de Joliette, invités par les JMC vers 1965. Source: ACCJ.

 

 

En plus des concerts hors séries, les JM proposent du théâtre, de la poésie, de la danse avec les Grands ballets canadiens, sans oublier les artistes de la région comme les Chanteurs de la Place Bourget.

Dans les années 1960, au beau temps des chansonniers, des Renée Claude et Monique Leyrac viennent présenter ici leurs tours de chant. C'est le début d'un temps nouveau, chantait alors Renée Claude et c'est exactement ce qui va se passer avec les JM de Joliette.

 

 
 

La chanteuse Monique Leyrac aux JMC. L'Action populaire, 12 janvier 1966. source: ACCJ.

Le Centre culturel de Joliette

  • À la Salle Rolland-Brunelle
  • Un centre qui s'appuie sur une tradition musicale
  • Le Centre culturel devient gestionnaire de salle
  • Le Centre culturel se structure
  • Théâtre en été et autres nouveautés
  • Bien du chemin parcouru en une trentaine d'années
 

Les Jeunesses musicales

II - Un plan de relance

  • Aujourd'hui...
  • Un public qui se fait tirer l'oreille
  • Un point tournant
 

Avec le temps, les Jeunesses musicales vont intégrer de plus en plus à leur cadre musical, des activités qui vont jeter les bases du futur Centre culturel de Joliette.

 
   

 

Les JM vont continuer leurs activités, mais elles feront dorénavant partie de la programmation du Centre culturel.

Absentes de la programmation du Centre culturel depuis 1997, les JMC de Joliette s'offrent un plan de relance en 2001-2002.

 

 
Le Festival international de Lanaudière

L'Association de Repentigny pour l'avancement de la musique (ARAM)

Les Jeunesses musicales (Joliette)
L'Opus 130
La Société des arts T.M.L.
Le Centre culturel de Joliette