Le Festival international de Lanaudière
 

 

 
 

II - Les années de mise en place

  • Douze ans de gestation tranquille
  • D'abord un Festival d'été
  • Enfin un directeur général
  • Opération charme
  • La direction artistique: le nerf de la guerre
  • La saison 1985 marque un tournant
  • 10eanniversaire du Festival d'été
 
   
 

Fernand Lindsay, le musicien et accompagnateur de nombreux jeunes. Source: FL.

 

Douze ans de gestation tranquille

C'est au père Fernand Lindsay que nous devons la création du Festival international de Lanaudière. Il n'est pas un nouveau venu dans le milieu musical de la région. Clerc de Saint-Viateur, enseignant au Séminaire puis au Cégep de Joliette, il a dirigé les Jeunesses musicales de Joliette, mis sur pied le Festival-Concours, fondé le Centre culturel de Joliette, le Camp musical de Lanaudière et l'École de musique du Centre culturel.

 

Le Festival international de Lanaudière

I - Une question de qualité
II - Les années de mise en place
III - Visions d'avenir

 

Article de Jean-Marie Bertrand, vers 1990. Source: FL.

 

En 1963, lors d'un voyage d'études en France, il s'offre le plus beau cadeau qu'il pouvait s'imaginer: une tournée des grands festivals européens. Il assiste au Festival de Salzbourg et à celui de Bayreuth.

 
 

Puis, il se dirige vers Munich et Vienne en quête d'autres concerts. Il a alors la chance extraordinaire de pouvoir être l'auditeur attentif des plus grands musiciens et des plus belles voix de la scène internationale. Près d'une cinquantaine de concerts en moins de trois mois!

 

 
 

Affiche des Jeunesses musicales du Canada à Joliette, 1971-1972. Source: ACCJ.

 

Le choc est tel que tout le reste de ma vie sera nourri par cet été-là, comme il le dit lui-même. Alors, il se met à réfléchir et à se demander si… Si la chose était pensable d'organiser à Joliette, durant l'été, des concerts qui poursuivraient en quelque sorte la saison des Jeunesses musicales! Il tourne l'idée dans sa tête et il se met à rêver...

Le père Lindsay est patient et il attendra 12 ans avant que naisse l'embryon de ce qui allait devenir le Festival international de Lanaudière. Douze ans de gestation tranquille avant que les conditions gagnantes ne soient réunies, explique-t-il.

 

 

Cathédrale de Joliette. Source: CL.

 

Un grand visionnaire, témoignage de René Charrette, président du Festival, Joliette Journal, juillet 1987. Source: FL.

 
 

D'abord un Festival d'été

Nous sommes à l'été de 1977, le père Lindsay reçoit un appel du directeur de l'OSM (Orchestre symphonique de Montréal) qui est à la recherche d'une salle pouvant accueillir l'Orchestre, afin de compléter sa programmation estivale.

Le père Lindsay propose alors de produire trois concerts à la Cathédrale de Joliette et d'offrir, pour la première fois, des activités musicales en été. La salle se remplit et le public en redemande. C'est le point de départ de ce qui va devenir, l'année suivante, le Festival d'été de Lanaudière.

Encouragé par les pressions de mélomanes qui insistent pour que les concerts d'été se poursuivent, le père Lindsay prépare une programmation pour la saison 1978. Elle se fera sous le thème Air d'été et sera l'occasion de célébrer le 150e anniversaire de naissance de Schubert. Huit concerts sont présentés entre le 4 juillet et le 22 août, dont un mettant en vedette la jeune violoniste lanaudoise de 16 ans, Angèle Dubeau, accompagnée par l'OSM.

   
   
     

25 ans d'amitié, témoignage de Marcel Masse publié dans Joliette Journal, juillet 1987. Source: FL.

 

 

L'équipe du Festival est toute petite. Elle se compose exclusivement de bénévoles parmi lesquels nous retrouvons deux amis du père Lindsay qui vont devenir rapidement de précieux collaborateurs. Il s'agit de René Charrette, directeur de la Société nationale des Québécois de Lanaudière et Marcel Masse, alors vice-président chez Lavalin. Suivant leurs conseils, l'organisme se structure, forme un conseil d'administration, s'incorpore et décide dès le départ de voir grand. Pour le moment, le Festival n'est que régional, mais déjà on songe à en faire un événement national, voire international.

En 1979, Marcel Masse se retrouve président de la corporation, René Charrette, vice-président et le père Lindsay directeur artistique, poste qu'il occupe depuis ce jour. Pour qu'un festival marche bien, confie alors Marcel Masse, il faut à tout prix cette symbiose de l'aspect artistique et de l'aspect administratif. C'est à cette tâche que s'attèle dès lors l'équipe du Festival.

Année Mozart, 1980. Source: FL.

 
 

 

Année Beethoven, 1979. Source: FL.

   
 

La saison 1979 comprend 35 concerts qui sont présentés à la Cathédrale, mais également à l'auditorium du Cégep, au Camp musical et dans quelques églises de la région. Elle est dédiée à Beethoven et inclut à nouveau des concerts de l'OSM. L'édition suivante est consacrée à Mozart… et les années se suivent emportant leurs lots de nouveautés.

   
 

 

Avec le temps, les concerts dans les églises se font de plus en plus nombreux et les artistes invités de plus en plus prestigieux. La programmation ne cesse de se diversifier. Le budget augmente et la clientèle, qui vient de plus en plus loin, également. Le Festival grandit donc d'été en été.

 
   
 

Paul Dupont-Hébert, directeur général du Festival nommé en 1984. Source: FL.

 

 

Enfin un directeur général

Le conseil d'administration est très impliqué et très présent. Ses membres ne comptent pas leur temps afin de faire du Festival une réussite. Pour sa part, le père Lindsay met les bouchées doubles pour concevoir toujours de plus belles programmations. Mais malgré cela, le Festival manque de moyens et la tâche ne va qu'en augmentant. Si l'organisation veut grandir, comme le souhaite ses responsables, il faudra pouvoir compter sur du personnel permanent.

En 1984, l'imprésario et organisateur de spectacles, Paul Dupont-Hébert est nommé directeur général du Festival. Le père Lindsay dira alors que son embauche a été le dernier tournant qui a fait que le Festival a vraiment pris son élan.
 
 

La musique dans les voiles, 1984.

 
 
 

Fabienne Thibault, Cathédrale de Joliette, 1984. Source: ACCJ.

 

Opération charme

Débute alors ce que nous pourrions appeler une vaste campagne de séduction. Il faut attirer les gens et pour les attirer quoi de mieux, croit le nouveau directeur, que d'organiser des concerts gratuits. Des spectacles différents auxquels on ne pourrait assister ailleurs. On présente alors Fabienne Thibault avec les Chanteurs de la Place Bourget et Francis Cabrel accompagné par une chorale de 350 enfants de la région.

Le public répond bien et le Festival décide désormais d'inclure dans sa programmation annuelle des artistes populaires et des musiciens de jazz.

 
 

 

Pour la seule saison 1988, le public peut assister aux spectacles de Michel Rivard, de Diane Dufresne, du saxophoniste de jazz Stan Getz et du Trio François Bourassa. Au début des années 1990, le Festival mettra fin à ces concerts populaires pour consacrer toutes ses énergies à la musique classique.

   
 

La direction artistique: le nerf de la guerre

La priorité du père Lindsay est de concevoir une programmation intéressante qui attirera les mélomanes. Elle doit être équilibrée et pensée en fonction d'une clientèle qui ne proviendra pas nécessairement de la région immédiate. Le regard se tourne alors du côté de Montréal.

Pour attirer ces spectateurs et les convaincre de se déplacer vers Joliette, il vaut mieux être en mesure d'offrir de gros noms, des vedettes et des concerts-événements hors de l'ordinaire. Il faut aussi trouver des musiciens qui ne se sont jamais produits dans la métropole ou, encore, qui n'y sont pas venus récemment.

Il faut essayer de découvrir ce qui est bon et ce qui plaît au public. Mais là, c'est en voulant se faire plaisir qu'on essaye d'identifier le goût du public avec le nôtre.
 

 

Conférence de presse, 1988, avec (de g. à d.) :Fernand Lindsay, Angèle Dubeau, Agnes Grossman, Paul Dupont-Hébert et Michel Rivard. Source: FL.

 
 

 

Article à propos de Faust, avec 250 choristes lanaudois et, entre autres, Wilhelmenia Fernandez, André Jobin et Pierre Charbonneau, 1985. Source: FL.

 
 

 

Il faut avoir envie de réaliser quelque chose en gardant en tête la mission: faire la plus belle musique possible en réunissant les meilleurs musiciens. Des grands noms, bien sûr, mais il faut penser aux musiciens québécois, canadiens sans oublier les jeunes issus de la tradition musicale de Joliette.

Je sais ce que je fais. Ce que j'ai le goût d'entendre, ce que j'ai le goût de faire, ça devrait marcher. Je suis tellement convaincu quand je dis que c'est beau et que le produit est bon, que ça va marcher. C'est ainsi que je réussis à convaincre le conseil d'administration, explique le père Lindsay dans le document Étude de cas "Le Festival d'été de Lanaudière (1988)", réalisé par l'École des Hautes Études Commerciales.

 
   
 

La saison 1985 marque un tournant

Le Festival entreprend sa 8e saison avec le vent dans les voiles. Il est parvenu en quelques années à soulever l'admiration de tous, et la programmation de 1985, placée sous le thème Surtout Bach, remporte un très vif succès. Elle permet de faire du Festival d'été de Lanaudière, le plus grand festival de musique du Québec, se comparant avantageusement à ce qui se fait de mieux en Amérique du Nord. Le père Lindsay, dans une entrevue accordée en 1987 au journal La Presse, s'exprime ainsi:

 

Wilhelmenia Fernandez, 1985. Source: FL.

 
 

Surtout Bach, 1985. Salle Rolland-Brunelle. Source: FL.

 
 

On peut dire que notre Festival est vraiment devenu international en 1985. Cette année-là, nous avons voulu "sortir de la région", donner un grand coup, pour tout dire, étonner. Nous avons annoncé les deux vedettes de films qui venaient d'obtenir un immense succès à travers le monde: Julia Migenes-Johnson de "Carmen" et Wilhelmenia Fernandez de "Diva". La chose paraissait extravagante, mais le public a suivi. En fait, ce qui est extraordinaire, c'est que la billetterie a toujours été en proportion de nos ambitions. Le budget aussi. Tout a doublé en même temps, en quelque sorte.

Fernand Lindsay

 
   

 

 

   
 

10e anniversaire du Festival d'été

Les saisons suivantes continueront à éblouir spectateurs et critiques. Lorsqu'en 1987, lors des célébrations de son 10e anniversaire, le Festival accueille Sir Neville Marriner et son Academy of St-Martin in-the-Fields, une première nord-américaine, c'est la consécration. Pour parvenir à offrir dans Lanaudière, des concerts avec des artistes aussi prestigieux qui demandent des cachets très élevés, le Festival doit disposer de budgets importants.

 

 

Article de Claude Gingras, La Presse, décembre 1987. Source: FL.


Le Festival atteint en 1987, constate Claude Gingras, une dimension absolument internationale. Cette dixième saison offre une programmation des plus diversifiées qui comprend une quantité d'artistes très prestigieux. Du jamais vu jusqu'à maintenant! []

Ajoutez quelques chiffres: une assistance évaluée à 100 000 présences, un budget de 1 200 000$, et vous avez un festival égal, et dans certains cas supérieur, à ce qui se fait de mieux, l'été, en Europe et aux États-Unis, note Claude Gingras, toujours dans le même article (1987).

 

 

Mais il fallait davantage pour amener ces grands noms jusqu'à Joliette, "of all the places". Il fallait - et tout le monde est d'accord là-dessus — le charme du père Lindsay, écrit le journaliste de La Presse, Claude Gingras, en 1987.

 

 
 
Le Festival international de Lanaudière

III - Visions d'avenir

  • Un projet majeur: l'Amphithéâtre
  • L'Amphithéâtre marque un tournant décisif
  • Le Festival après l'Amphithéâtre
  • Nouveau directeur, nouvelle direction
  • Des mesures pour l'avenir
  • Une visibilité d'un océan à l'autre
  • Toujours plus haut, toujours plus loin
 
 
Le Festival international de Lanaudière
Le Festival-Concours de Lanaudière
Le Concours de musique de l'ARAM
Concerts au Musée d'art de Joliette