Le Festival international de Lanaudière
   
 

III - Visions d'avenir

  • Un projet majeur: l'Amphithéâtre
  • L'Amphithéâtre marque un tournant décisif
  • Le Festival après l'Amphithéâtre
  • Un nouveau directeur, une nouvelle direction
  • Des mesures pour l'avenir
  • Une visibilité d'un océan à l'autre
  • Toujours plus haut, toujours plus loin
 
   

Pelletée de terre inaugurale de la constuction de l'Amphithéâtre de Lanaudière. Source: FL.

L'Amphithéâtre en constuction. Source: FL.

 

Un projet majeur: l'Amphithéâtre

Malgré le succès remporté, spécialement, par sa 10e saison, le Festival est conscient qu'il reste un problème de taille à régler. Les lieux de concerts qu'il utilise n'ont pas tous la taille ni les qualités acoustiques souhaitables. Cette capacité limitée des salles entraîne une hausse du prix des billets et, par le fait même, nuit à l'accessibilité du public aux concerts. Cela réduit donc considérablement la portée et la croissance du Festival.

Le conseil d'administration est conscient qu'il faut agir rapidement et il n'est pas le seul à penser ainsi.

 
   
 

 

Par sa taille actuelle, écrit le critique du Devoir, Carol Bergeron, en 1987, le Festival du père Fernand Lindsay n'est plus une manifestation régionale. La qualité de sa programmation musicale lui permet d'avoir les plus hautes aspirations. Depuis quatre ans, sa rapide croissance lui a permis aussi bien de s'imposer dans l'intérêt du public mélomane de la région montréalaise que d'indiquer son désir de devenir un événement musical capable d'attirer les mélomanes d'ailleurs en Amérique du Nord.

Pour atteindre une envergure internationale comparable à ce qui se fait de mieux en Europe et aux États-Unis, il lui faut encore améliorer et son contenu et son contenant. Les efforts les plus urgents doivent cependant être consacrés à la concrétisation de son infrastructure matérielle. Il est devenu capital de posséder un amphithéâtre. La survie et la croissance du Festival en dépendent.

Le conseil d'administration propose la construction d'un vaste amphithéâtre, en périphérie de Joliette, pouvant accueillir sous son toit 2 000 personnes et 8 000 autres sur les pelouses attenantes. Son concept est inspiré de celui de Tanglewood dans le Massachussetts où se trouve la résidence d'été de l'Orchestre symphonique de Boston et l'un des plus célèbres festivals d'été en Amérique du Nord.

 

 
 

Édition spéciale du Joliette Journal, en 1989. Source: FL.

  Marcel Masse, l'un des initiateurs du projet, explique, dans Étude de cas: Le Festival international de Lanaudière (1988), l'importance de cette étape: Avec l'amphithéâtre, le Festival aborde sa troisième phase; la première en étant la naissance, la deuxième, la gestion du succès. Maintenant, il faut élargir les moyens, élargir la clientèle donc créer de nouvelles habitudes. C'est une troisième phase très importante et tout le monde en est conscient. C'est le succès de ces étapes qui assure la permanence de l'institution.  

 

 

Paul Dupont-Hébert (à gauche) et René charette (à droite) lors de la divulgation de la programmation du Festival en 1989. Source: FL.

 

L'Amphithéâtre marque un tournant décisif

Après bien des discussions concernant son emplacement, l'amphithéâtre est finalement construit au sud de Joliette, au cœur d'un parc de verdure couvrant une superficie de 70 hectares. Il s'agit du site de tir à l'arc où se sont tenues les compétitions lors des Jeux olympiques de 1976.

 

Fernand Lindsay, Personnalité de la semaine, La Presse, 2002.

 

 

Le Festival d'été de Lanaudière, devenu depuis peu le FIL (Festival international de Lanaudière), inaugure l'Amphithéâtre pour l'ouverture de sa saison 1989 placée sous le thème Sur un air d'opéra. Sur les 40 concerts qu'offre la programmation, 15 sont donnés dans le nouvel amphithéâtre, dont celui d'ouverture qui regroupe quelques 600 artistes sur scène.

L'Amphithéâtre fait bientôt l'unanimité tant chez les spectateurs que chez la critique. On apprécie l'endroit magnifique et on est enthousiasmé par l'acoustique remarquable.

   
 

 

Nous avions le choix entre 13 emplacements possibles. L'acoustique de celui que nous avons choisi est parfaite. Les artistes, surtout les chanteurs, louent son confort. C'est l'endroit le plus intéressant pour chanter en plein air, sans amplificateurs, pour les 2000 spectateurs sous le toit, confie le père Lindsay dans une entrevue accordée à La Presse, en septembre 2001, alors que le journal vient de le nommer Personnalité de la semaine.

Les moindres détails sont pensés afin que le spectateur-auditeur voie et entende bien de partout. Peu importe qu'il soit assis sous l'abri ou sur la pelouse, rien ne gênera sa vue et l'acoustique demeurera toujours excellente. La chose est importante puisque les concerts à l'Amphithéâtre ne sont pas amplifiés et qu'aucun haut-parleur ne sera ajouté dans le parterre pour satisfaire les mélomanes installés loin de la scène, comme cela se fait en certains endroits.

 
   
 

Couverture du Télépresse lors de l'inauguration de l'Amphithéâtre, en 1989, avec l'architecte Michel Galienne, Fernand Lindsay et René Charette.

 

Le Festival après l'Amphithéâtre

Le Festival a fait ses preuves. Il compte maintenant parmi les grands. Pour les musiciens, il n'y a que 12 festivals majeurs en Amérique du Nord dont un seul au Canada: Lanaudière, se font dire les responsables du FIL lorsqu'ils se rendent, par exemple, au Classical Music Festival Outdoor Venues qui regroupent les grands festivals de musique classique nord-américains.

 
 

 

Peu à peu, les spectacles de variété et les concerts de jazz sont abandonnés. Le FIL revient à sa vocation première, la musique classique. Il a réalisé que le public pouvait assister aux spectacles d'artistes populaires à Montréal ou ailleurs avant qu'ils ne soient présentés dans la région. Il était donc inutile de tenter de concurrencer des diffuseurs pour qui le jazz ou la chanson était la spécialité. Le FIL préfère continuer à offrir des concerts différents avec des artistes qui ne parcourront pas la province en promenant le même programme. Présenter un produit original, dans un lieu unique, devient en quelque sorte la mission du Festival.

   
 

Un nouveau directeur, une nouvelle direction

En 1991, François Bédard est nommé directeur général du Festival. Source: FIL.

L'année 1991 est marquée par l'arrivée d'un nouveau directeur général, François Bédard. Il est spécialisé en administration et connaît bien le milieu culturel. Son principal défi sera de consolider la gestion du Festival.

L'ouverture de l'Amphithéâtre a permis une croissance très rapide de l'organisation. Le Festival dispose maintenant d'un lieu de diffusion pouvant accueillir 10 000 personnes, ce qui est énorme en comparaison des quelques 1 200 places de la Cathédrale de Joliette. Le budget de l'organisme a suivi la même courbe ascendante. Son actif ne se compare en rien à ce qu'il était peu de temps auparavant.

Gaétan Lachapelle, directeur du marketing du Festival. Source: FIL.

L'Amphithéâtre n'a que deux ans et déjà le Festival se retrouve plongé dans une grave crise financière. Nous sommes en 1991, le FIL embauche François Bédard avec pour mandat de redresser la situation financière de l'organisation. Le nouveau directeur met en place une série de mesures qui vont permettre de faire des prévisions réalistes. Il s'entoure de collaborateurs spécialisés, dont un directeur du marketing, Gaétan Lachapelle.

 

 

Calendrier du Festival en 2002, sur le site Internet du Festival.

 

 

Le Festival vient ainsi d'entrer de plain-pied dans l'ère moderne avec des objectifs marketing précis, des plans de visibilité de la commandite, des axes de développement de la clientèle de groupe etc. Toute l'artillerie d'une gestion sophistiquée et moderne. En 1995, le FIL sera le premier festival au Québec à mettre en ligne sur Internet sa programmation.

 
   
 

  Des mesures pour l'avenir

En 1995, le déficit accumulé de 1,4 millions de dollars est épongé. La tâche de l'équipe de direction n'est cependant pas terminée. Il faut continuer à assainir les finances. Mettre en place des outils qui vont permettre, tout en continuant de recourir aux fonds privés (commandites, levées de fonds etc.), de pouvoir compter sur une source de financement plus sûre et permanente, comme une fondation. Il faut aussi travailler constamment à diversifier et augmenter la fréquentation.

 

 
 
Au début des années 2000, commence un renouvellement au sein du conseil d'administration. Un nouveau souffle de développement se fait sentir. La vitesse de croisière n'est pas atteinte, mais le Festival peut respirer plus librement. L'organisation est bonne, la qualité artistique fait l'unanimité et la notoriété est excellente.

Le Festival international de Lanaudière

I - Une question de qualité
II - Les années de mise en place
III - Visions d'avenir

 

Pochette de presse du Festival. Source: FIL

 

 

 

Selon un sondage réalisé à la grandeur du Québec, en 1997, 78% des adultes interrogés connaisse l'existence et la vocation du Festival international de Lanaudière. Un résultat surprenant si l'on tient compte que la musique classique ne rejoint encore qu'une faible partie de la population.

La télévision de Radio-Canada au Festival de Lanaudière, en 2001. Source: CL.

   
 
   

Une visibilité d'un océan à l'autre

La télédiffusion et la radiodiffusion de concerts du FIL sur les ondes de Radio-Canada depuis 14 ans, ont certainement contribué à cette notoriété. Plus de 30 concerts ont été enregistrés par la télévision de Radio-Canada et pas moins de 185 autres ont été présentés par la radio d'état sur les réseaux français et anglais.

 
 

 

Cette collaboration avec Radio-Canada offre une vitrine inestimable pour le FIL qui devient donc non seulement connu des Québécois, mais également des Canadiens des autres provinces.

Pas étonnant, dans ces conditions, que les organisateurs du Festival lorgnent du côté de la province voisine, l'Ontario.

 
 

Toujours plus haut, toujours plus loin

Une bonne partie de la clientèle du Festival provient de la région de Montréal. Outre le public qui fréquente les salles de concert durant la saison régulière, le Festival accueille aussi une clientèle plus jeune et peut être davantage ouverte à de nouvelles formes de concerts.

Afin de répondre à ce besoin et pour attirer un public de jeunes peu familiers avec la musique classique, mais habitués à des présentations multimédias, la direction artistique du FIL travaille en étroite collaboration avec l'équipe du marketing. Leur but: offrir des présentations toujours plus modernes et audacieuses.

En général, explique Gaétan Lachapelle, les jeunes répondent bien à l'opéra, justement à cause du côté visuel.

 

Site extérieur du Festival. Source: FIL.

 
Le Festival international de Lanaudière
Le Festival-Concours de Lanaudière
Le Concours de musique de l'ARAM
Concerts au Musée d'art de Joliette