Le Festival-Concours de Lanaudière

 

 
 

I - Pour les jeunes de la région

  • Les JM de Joliette créent leur propre concours
  • Des premières années qui donnent le ton
  • Des concurrents qui se sont fait un nom
  • Un stimulant pour les jeunes
  • Un festival qui concourt toujours au développement de la musique
 
   
 

 

Participants au Festival-Concours organisé par les Jeunesses musicales, dans les années 1960. Source: ACCJ.

 

Pour les jeunes de la région

En mettant sur pied, en 1962, le Festival-Concours, le père Fernand Lindsay désire poursuivre l'action qu'il a entreprise au sein des Jeunesses Musicales (JM). Si, grâce à ces dernières, les jeunes peuvent entendre et prendre goût à la musique, il souhaite, en créant le Festival-Concours, les stimuler à jouer davantage.

 

 

 
 

Les JM de Joliette créent leur propre concours

Bien avant la création du Festival-Concours à Joliette, des musiciens de la région participaient au Festival-Concours de la Province. Déjà en 1937, la section féminine de l'Association des chanteurs de Joliette remportait un trophée lors de cette compétition, et Lucien Dugas, fondateur de l'Association, se classait 2e parmi les barytons finalistes.

 

À l'occasion du 10e anniversaire des Jeunesses musicales de Joliette, le conseil de ville de Joliette rend hommage à cet organisme. Source: ACCJ.

 

Lucien Dugas, ancien élève du Séminaire de Joliette et avocat, restera un important supporteur des activités musicales dans Lanaudière. Ici, Lucien Dugas, tel qu'il apparaît en 1923 sur l'affiche d'un concert à la Salle du Marché. Source: SHJL.

 

Les JM de Joliette prennent part à leurs débuts à ce concours provincial parrainé par les Jeunesses musicales du Canada, lequel s'adresse aux différents centres de la province. Mais en 1962, elles décident de mettre sur pied leur propre organisation.

 

 

Dès la première année, plus de 100 concurrents sont inscrits. On compte parmi eux une majorité de pianistes, dont les élèves de Bernard Lagacé qui enseigne au Séminaire. Les participants viennent de tous les milieux musicaux où se donne des cours de musique classique, mais particulièrement des pensionnats, couvents et collèges tenus par les communautés religieuses.

 
 

 

Programme des Jeunesses musicales du samedi 29 février 1964, avec l'organiste Bernard Lagacé, professeur au Séminaire de Joliette et concertiste.

 

Le jury est composé, pour cette première édition, de Raymond Daveluy pour le clavier, Jean Deslauriers pour les autres instruments et Marcelle Laurencelle pour les sections vocales.

Des bourses de 150$ chacune sont remises à quatre concurrents qui pourront ainsi séjourner deux semaines au camp musical du Mont-Orford. À l'ouverture du Camp musical de Lanaudière, en 1967, les gagnants prendront plutôt le chemin du Lac Priscault à Saint-Côme.

 

 

Article de L'Action populaire relatant les succès de cinq jeunes de la région au Festival-Concours en 1966, dont Anne Marchand qui dirige aujourd'hui le département de musique au Cégep régional de Lanaudière à Joliette. Source: ACCJ.

 

Article relatant la naissance du Camp musical des Jeunesses musicales à Saint-Côme, en 1967. Source: ACCJ.

 
   
 

Des premières années qui donnent le ton

Le Festival-Concours devient rapidement fort populaire. En moins de dix ans, le nombre d'inscriptions passe de 100 à 400. Les montants alloués en bourse suivent la même courbe ascendante. Quatre concurrents se sont mérités en 1962 une somme de 150 $ chacun, mais c'est 10 000 $ que le jury remet en prix en 1978.

 

Le père Rolland Brunelle au Camp musical, vers 1980-1985. Source: ACCJ.

Dès 1965, le Concours accueille des concurrents de Saint-Gabriel-de-Brandon, de l'Épiphanie, de Saint-Jacques et de Saint-Félix-de-Valois. Certains participants, parmi les plus avancés, sont déjà inscrits dans des établissements d'études supérieures à Montréal.

 

Marie-Hélène Ménard, 5 ans, au Festival-Concours en 1979. Source: ACCJ.

 

France Beaudry, contrebasse, lauréate d'une bourse de 1000 $ au Festival-Concours en 1979. Source: ACCJ.

 

 

 

Article du Joliette Journal à propos de la 12e édition de Festival-Concours, en 1973, qui récompensait cette année-là, entre autres, Angèle Dubeau, Élaine et Chantal Marcil, Anne-Marie Houle et Marie-Andrée Benny. Source: ACCJ.

Les pianistes continuent, au cours des premières années, à être les plus nombreux à participer au Concours. Avec le temps, les catégories vont se multiplier et faire une place de plus en plus grande au violon, à la flûte et à l'orgue. Les concurrents ne proviendront plus seulement des écoles de la région immédiate de Joliette. Et des professeurs, qui donnent des cours privés, inscriront de plus en plus leurs élèves au Festival.

 

 
 

Angèle Dubeau, récipiendaire d'un prix au Festival-Concours vers 1970. Source: ACCJ.

 
 
   

Des concurrents qui se sont fait un nom

Nous retrouvons, parmi les gagnants des premières années, de jeunes musiciens qui vont faire leur marque dans le milieu musical de la région et à l'étranger. C'est ainsi que la pianiste Anne Marchand se distingue en 1966, que la violoniste Angèle Dubeau va concourir pour la première fois à l'âge de 5 ans, en 1968, et que le claveciniste Luc Beauséjour s'illustre en 1969.

Les années 1971 et 1972 ont été particulièrement fertiles en découvertes. Les Concert-Gala présentaient, entre autres, Élaine Marcil (Quatuor Claudel), Isabelle Houle (professeur de piano), Christine Thibodeau (directrice de l'École de musique du Centre culturel), Jean-Jules Poirier (cor-solo de l'Orchestre symphonique de la Montérégie), Benoît Lajeunesse (Cirque du Soleil) ainsi que Chantal Marcil, Marie-Andrée Benny et France Beaudry.

   

Luc Beauséjour, aujourd'hui claveciniste, récipiendaire d'une bourse en 1969. Source: ACCJ.

 

Un stimulant pour les jeunes

Bien que les chiffres soient assez éloquents, ils ne révèlent qu'en partie l'importance d'une telle compétition. Le Festival-Concours est devenu, dès sa création, un véritable stimulant pour les jeunes musiciens de Lanaudière. On se forçait pour travailler en espérant remporter une bourse qui nous permettrait d'aller au Camp musical, explique Isabelle Houle qui a participé pendant dix ans à l'événement.

 
       
 

Tout au début de l'année, on choisissait les pièces qu'on allait présenter au Festival. Cela nous tenait en haleine de septembre à avril. Ça devenait presque plus important que l'examen de fin d'année. Pourquoi? Peut-être parce que nous jouions devant un public et que nous courrions la chance de participer au concert-gala et de remporter une bourse, cela rendait la chose plus excitante?

Isabelle Houle

Il est certain que le Concours a joué un rôle non négligeable dans la carrière de nombreux musiciens qui y ont participé.

Le Festival-Concours ne soulève pas l'enthousiasme que chez les jeunes. Les professeurs de musique succombent aussi à l'attrait de l'événement. Plusieurs sont ceux qui travaillent fort pour préparer leurs élèves en vue de cette rencontre annuelle qui célèbre la musique pendant trois semaines.

 

 

Élaine Marcil et Angèle Dubeau, encore lauréates au Festival-Concours en 1976. Source: ACCJ.

       
   

Le jeune Olivier Thouin, déjà de la grande scène avec l'orchestre I Musici, comme en témoigne cet article du Joliette Journal du 23 décembre 1985. Source: ACCJ.

 

Bourse de 1000 $ remise à Chantal Marcil (violoncelle) par Mme Paulette Michèle Hétu en 1984. Source: ACCJ.

Le Festival-Concours de Lanaudière

II - Un festival qui récompense

  • Un concours selon les règles
  • Un jury de professionnels
  • L'âme du Festival-Concours
 
   
 

Un festival qui concourt toujours au développement de la musique

Le Festival a peut-être connu son bel âge, comme le dit Isabelle Houle, à l'époque où les Dubeau, Marcil, Beaudry, Benny, Poirier se présentaient tous à la même édition. Mais il reste que de nombreux autres talents se sont illustrés au fil des saisons. Nous n'avons qu'à penser à Marie-Andrée Chevrette (violon), aux sœurs Giguère (Claudine, alto, Nathalie, violoncelle, Pascale, violon), Annie Parent (violon), Alex Benjamin, l'actuel directeur artistique adjoint au Festival international de Lanaudière, et, encore plus récemment, à des musiciens comme Jérôme Ducharme (guitare), Louis-Philippe Marsolais (cor) et Jean-Sébastien Roy (violon).

 

 

Jean-Sébastien Roy, dans l'Artisan Extra, 12 janvier 1999. Source: JSR.

 
Le Festival international de Lanaudière
Le Festival-Concours de Lanaudière
Le Concours de musique de l'ARAM
Concerts au Musée d'art de Joliette