Rolland Brunelle, c.s.v.
   
  I - Une vie dévouée à la musique
  • Plus de 60 ans d'éducation musicale
  • Né d'une famille de musicien
  • Professeur à 12 ans
  • Orchestre et Troubadours
  • Études de théologie et de pédagogie
  • Priorité à l'enseignement
  • Perfectionnement en Europe
 
   
 

Concert hommage, 30 ans de musique, 30 ans de ferveur, 10 juin 2000, Source:  RB.

 

 

Plus de 60 ans d'éducation musicale

Le portrait musical de la région de Lanaudière ne pourrait être complet sans une présentation exhaustive de la carrière du père Rolland Brunelle. Musicien et pédagogue, il a consacré plus de 60 ans de sa vie à l’éducation musicale dans la région de Lanaudière, et ce, dès l’âge de 12 ans.

Fondateur et directeur de nombreuses formations, il a, entre autres, mis sur pied l’OSJJ (Orchestre symphonique des jeunes de Joliette) et l’Orchestre de la Relève.

 

 

L'Orchestre symphonique des jeunes en 1997-1998. Source: cédérom OSJJ.

L'Orchestre symphonique des jeunes de Joliette

I - Origines de l'OSJJ
II - Un orchestre qui fait des petits
III - Des chefs succèdent au Chef

 

Rolland Brunelle en 1994, avec l'un de ses élèves. Source: RB.

 

Le père Brunelle a formé nombre de musiciens professionnels dès leur plus jeune âge, dont la violoniste Angèle Dubeau et le chanteur Yoland Guérard. Mais c’est surtout dans l’éducation des masses et l’initiation à la musique qu’il a laissé ses traces les plus remarquables.

Honoré de toutes parts, la plus grande récompense du père Brunelle reste cependant la reconnaissance de ses élèves. «Mon salaire, c’est le sourire d’un élève qui, après une leçon, a déjà hâte à la leçon suivante». On dit de lui qu’il sait faire apprécier la musique aux plus jeunes, ce qu’il a entrepris depuis bien longtemps.

 
   

Né d’une famille de musiciens

Rolland Brunelle voit le jour à Joliette le 29 mai 1911. Il grandit dans une famille où la musique a une place importante. Dès l’âge de cinq ans, son père l’initie aux rudiments du solfège. À l’âge de huit ans, il apprend le piano, puis le violon. Avec l’aide d’une amie de la famille, il assimile les secrets du violon et poursuit son apprentissage de manière autodidacte.

Ce premier contact avec le violon est suffisant pour que le jeune Rolland entreprenne des cours privés avec le réputé Octavien Asselin, enseignant au Séminaire, et directeur musical de l’Orchestre Asselin. Il intègre bientôt cette formation et découvre rapidement qu’il apprend davantage au sein d’un ensemble qu’en suivant des leçons privés. Quelques années plus tard, il entre dans la Symphonie de Joliette.

 

 

Programme de la Soirée artistique et musicale donnée par la Symphonie de Joliette en 1927. Source: ASHJL.

   
 
Professeur à 12 ans

Fort de son expérience, il enseigne le violon dès l’âge de 12 ans. En 1926, il a à sa charge deux étudiants. Les cours de Rolland Brunelle sont moins onéreux que ceux dispensés par les autres professeurs de la région. Il veut avant tout transmettre son savoir aux autres.

Mon père nous a toujours dit que ce que l’on apprenait devait être transmis aux autres. C’est ce que j’ai fait, dès l’âge de 12 ans, et que je fais encore.

Durant son cours classique, il enseigne à plusieurs étudiants, à raison de 2 à 3 élèves par année.

 
 
 

Abbé Alfonse Fafard, directeur de la chorale et de la Fanfare du Séminaire de Joliette dans les années 1920. Source: ACSV.

 

Le Séminaire de Joliette

Dès son entrée au Séminaire de Joliette en 1926, Rolland Brunelle fait partie de la chorale et de la Fanfare, dirigées à l’époque par l’abbé Fafard. Grâce à sa rapidité d’apprentissage, il joue de tous les instruments, remplaçant à pied levé les musiciens manquants. La pratique de différents instruments l’amène à devenir des plus polyvalent. Il deviendra rapidement un véritable homme-orchestre. Dès lors se dessine une carrière musicale pour le jeune homme.

Durant son cours classique, Rolland Brunelle participe à la troupe de chanteurs Les Troubadours de l’Industrie Junior qui vient de voir le jour. Les Troubadours est le pendant collégial d’une ancienne formation au sein de laquelle chantait Lomer Brunelle, le père de Rolland.

Sa collaboration au sein du groupe folklorique de six chanteurs est l’occasion pour Rolland de faire ses premiers pas dans les arrangements vocaux. La troupe se produit surtout au Séminaire durant les manifestations musicales à la Salle académique.

 

 

Portrait des premiers Troubadours de l'Industrie, devant le tableau du rideau de scène de la Salle académique du Séminaire de Joliette, en mai 1933. De gauche à droite : Paul Dumont, Rolland Brunelle, Emile Jetté, Louis Vanasse, Euclide Beauséjour, Robert Naud, René Beauséjour. Source:  ACSV.

 
 

 

À la même époque, il se joint à l’Orchestre Brunelle. Formé de ses frères et de ses cousins, l’ensemble est dirigé par son père. On fait appel aux services de ces musiciens pour jouer au sein de différentes formations et ainsi les enrichir.

 
   
 

Les études en théologie et en pédagogie

Après ses études classiques, Rolland Brunelle choisit la vocation religieuse. Il suit les traces de son père qui avait été jadis Clerc de Saint-Viateur et enseignant. Il entre donc au Scolasticat Saint-Charles pour se préparer à sa future vocation.

Parallèlement à ses études, il continue de donner des cours à ses confrères. En effet, Rolland profite de son passage au Scolasticat en 1934 pour enseigner le chant grégorien et le violon à ses collègues. Il dirige également un ensemble à cordes et fonde la fanfare du Scolasticat.

En décidant de devenir Clerc de Saint-Viateur, il réalise, à l’intérieur d’une communauté religieuse vouée à l’enseignement, deux rêves : enseigner la musique et pratiquer une religion en laquelle il a foi. Il prononce ses voeux perpétuels en 1937.

Depuis lors, musique et religion restent pour lui intimement liées. Il en sera ainsi toute sa vie. À l’époque où il dirige l’OSJJ, nous pouvons dire que c’est le seul ensemble où le directeur musical célèbre la messe avant chaque répétition hebdomadaire!

 

 

Illustration du Noviciat des Clercs de Saint-viateur à Joliette. Source:  ACSV.

 
   

Le magazine Continuité, qui traite de patrimoine, consacrait un dossier à la tradition musicale dans Lanaudière. Numéro 43, printemps 1989. Source: FL

 
   
 

Priorité à l'enseignement

Lors de ses études, Rolland Brunelle choisit l’enseignement de la musique. C’est un choix qu’il a confirmé dans différentes circonstances de sa vie.

Pendant que plusieurs le voient, premier violon au sein d’une formation aussi importante que l’Orchestre Philharmonique de Montréal, et que d’autres lui reconnaissent un talent particulier pour la composition et les arrangements, Rolland Brunelle poursuit avec toujours plus d'ardeur sa carrière de pédagogue. Peut-être aurions-nous eu un célèbre compositeur ou un soliste hors pair si les choses avaient été différentes?

 

 

Concert au Théâtre Saint-Denis et concert de l'Orchestre symphonique du Séminaire. Article de Raymond Locat paru dans le journal des étudiants du Séminaire de Joliette, L'Estudiant, en 1945. Source:  ACSV.

 

Concert du père Rolland Brunelle. Compte-rendu de Berthold Desrosiers paru dans le journal des étudiants du Séminaire de Joliette, L'Estudiant, en 1949. Source:  ACSV.

 

La Fanfare du Séminaire, dans les années 1950. Source:  ACSV.

 

Il termine ses études en 1939 et débute aussitôt son enseignement au Séminaire de Joliette. Le directeur du collège le nomme seul responsable des salles de musique. Rolland Brunelle reprend le flambeau de ses prédécesseurs. La tâche est grande. Il se fait un devoir de maintenir et de poursuivre ce qui a déjà été établi.

Il dirige la Fanfare, la chorale et les différents orchestres. Grâce à sa passion pour la musique, Rolland Brunelle remplit fort bien son mandat et gagne son pari.

Qu’il dirige les différentes formations du Séminaire ou qu’il donne des leçons individuelles, le père Brunelle prône les échanges entre les élèves. Ainsi, ces derniers partagent leur intérêt pour la musique et ont du plaisir à jouer ensemble. Professeur discipliné et rigoureux, il a toutefois un sens inné de l’humour et aime bien détendre l’atmosphère durant les leçons.

 
Rolland Brunelle

II - Pédagogue et directeur musical (suite)

  • Le pédagogue et le directeur musical
  • Une semi-retraite
  • L'Orchestre symphoniqu des jeunes
  • L'enseignement aux tout-petits
  • Un homme fort aprécié
  • Un précieux legs du père Brunelle
  • Pédagogue un jour, pédagogue toujours

 

Rolland Brunelle en 1994, avec l'un de ses élèves. Source: RB.

  Perfectionnement en Europe

Le père Brunelle ne cesse d’apprendre. Il se perfectionne au Conservatoire de musique du Québec à Montréal afin de peaufiner son enseignement.

En 1950, ses supérieurs l’envoient étudier dans de prestigieuses écoles de musique un peu partout en Europe.

Lors de ce voyage, il est accompagné d’un de ses élèves pour qui il vient d’obtenir une bourse d’études à l’étranger. Il s’agit de nul autre que Yoland Guérard qui deviendra un chanteur d’opéra célèbre.

 

 

 

Yoland Guérard, chanteur d'opéra de renom, vers 1970. Source: ACCJ.