Fernand Lindsay : un homme de musique
 
       
 

I - Un homme de musique

  • Enfance à Trois-Pistoles
  • Études à Rimouski
  • De Rimouski à Joliette
  • Au cœur d'un milieu musical
  • Une carrière d'enseignant
  • Un voyage qui laisse des traces
  • L'idée d'un festival d'été à Joliette
 
   
 

 

Fernand Lindsay apprécie par dessus tout le bonheur des spectateurs. Source: ACCJ.

 

Un homme de musique

Animé d'une passion débordante pour la musique, le père Lindsay n'a de cesse, depuis 45 ans, de communiquer cet amour aux autres. Même s'il a réalisé de grandes choses, comme la mise sur pied du Camp musical de Lanaudière et du Festival international de Lanaudière, il reste que sa plus grande satisfaction consiste encore à voir des spectateurs sortir, réjouis, d'un concert qu'il a organisé.

 
 

 

Le père Lindsay est avant tout un pédagogue. Il a voulu, par son enseignement, répandre le goût pour la musique et, du même coup, tenter de rendre la vie plus belle. Tous les moyens sont bons pour lui. Voilà pourquoi, il a multiplié ses interventions, varié ses activités et cherché à toucher le plus de gens possible, qu'il s'agisse d'enfants ou d'adultes.

 

 

 

Fernand Lindsay avec de jeunes concertistes au Festival-Concours de Lanaudière, vers 1965. Source: ACCJ.

 
 

 

J'aime énormément la musique et je veux partager cet amour. Je suis un homme heureux à faire de la musique, à répandre la musique, à faire faire de la musique et à organiser la musique, explique-t-il. C'est justement à cette tâche qu'il s'est attelé depuis ses débuts comme professeur au Séminaire de Joliette en 1953.

 
   
 

Sur les berges de Trois-Pistoles. Source: FL.

 

Enfance à Trois-Pistoles

Fernand Lindsay naît à Trois-Pistoles en 1928. À cinq ans, il débute des cours de piano et à dix ans, il s'initie à l'orgue. Il aime lire la musique et passe, tout jeune, de nombreuses heures à déchiffrer des partitions.

 
   

 

 

L'écoute de la musique occupe aussi une bonne partie de son temps. Il ne manque pas une occasion de syntoniser une station de New-York qui diffuse de la musique classique. Il découvre le répertoire et se laisse transporter.

 

 
 

Le jeune Fernand Lindsay. Source:  FL.

 

Il garde d'excellents souvenirs de son enfance à Trois-Pistoles, partagé entre sa passion pour la musique et le sport, en particulier le hockey et le tennis. Il passe une grande partie de ses étés au phare de l'Isle Verte.

Il n'oubliera jamais la présence de la mer ni les soirées musicales en famille. Surtout celles au cours desquelles son oncle Georges Lindsay, musicien professionnel qui sera 25 ans organiste à la Cathédrale de Montréal, s'assoit au piano.

 

   
 

Études à Rimouski

À 11 ans, il va rejoindre son frère au Séminaire de Rimouski. Il vient de franchir alors les premier pas qui le mèneront à la vie religieuse. Il ne suit plus de cours de piano, mais continue, toutefois seul, l'apprentissage de l'instrument et la lecture de la musique.

Il se met à apprendre la clarinette et rejoint l'harmonie du collège puis bientôt l'orchestre. Initié jeune à l'orgue, il remplace, sur demande, l'organiste de la paroisse.

 

Au piano, Fernand Lindsay, accompagnateur au Séminaire de Joliette, vers 1945. Source: ACSV.

 
 

 

Il assiste pour la première fois à des concerts de musiciens professionnels. En effet, un comité, formé de mélomanes de la ville, s'est affilié au Community Concerts et présente à Rimouski des artistes de renommée internationale.

 
   
 

De Rimouski à Joliette

Georges Lindsay enseigne le piano et l'orgue à Sainte-Thérèse et Joliette. Les descriptions, faites par son oncle, de l'intense vie musicale qui règne au Séminaire de Joliette enthousiasment le jeune garçon.

Elles l'incitent à faire les démarches nécessaires afin de poursuivre ses études dans cette ville.

 

 

Texte annonciateur de l'engagement musical de Fernand Lindsay, alors au Séminaire de Joliette, dans le journal du collège, L'Estudiant, en 1946. Source: ACSV.

 

 

En septembre 1943, Fernand Lindsay arrive à Joliette. Il débarque dans une ville et dans une institution où la musique occupe une place de choix. La Société des concerts, responsable de la venue à Joliette de musiciens prestigieux, s'est peut-être éteinte, mais la Société des amis du Séminaire a pris la relève avec le même brio.

Et tous ces artistes présentent leurs concerts à la salle académique du Séminaire.

 
   
 

Au cœur d'un milieu musical

Rapidement, le jeune étudiant vivra au même rythme musical que l'institution à laquelle il s'adapte rapidement. Il fait de la musique avec le père Étienne Marion, assiste à ses cours d'initiation musicale et, rapidement, se met à l'apprentissage du basson afin de gagner les rangs de l'Orchestre symphonique, sous la direction du père Lucien Bellemare.

 

 

 

Article de l'Estudiant annonçant les Fêtes du centenaire du Séminaire de Joliette, en 1947. Source: ACSV.

 

Caricature de Fernand Lindsay parmi le portrait des finissants du Séminaire de Joliette, en 1950. Source: L'Estudiant, ACSV.

 

 

Il joue également de la clarinette au sein de l'Harmonie et poursuit ses cours de piano et d'orgue avec son oncle Georges Lindsay. Il accompagne même au piano musiciens et chanteurs.

En peu de temps, il s'intègre parfaitement à la vie du Séminaire et participe à toutes les activités que celui-ci offre aux étudiants. En 1947, il prendra une part active aux célébrations du Pageant.

 

 
   
 

Une carrière d'enseignant

Malgré une passion qui ne diminuera jamais et en dépit d'un talent certain, en tant qu'instrumentiste, Fernand Lindsay ne songe jamais à faire carrière comme musicien. Son choix est fait, il sera Clerc de Saint-Viateur et il enseignera le latin, le français et l'histoire.

Il se mettra à donner des cours de philosophie en 1960 puis des cours de littérature musicale en 1967 et ce, jusqu'à sa retraite en 1995.

Le professeur se double d'un animateur. Tous ses temps libres, il les passe à communiquer, à organiser, à rassembler, autour de la musique, des musiciens, des élèves, des mélomanes et... un public.

 

Ordination de Fernand Lindsay (1953). Source: ACSV.

Le professeur Fernand Lindsay. Source: ACSV.

En 1963, Fernand Lindsay voguera pour la France pour un séjour d'un an qui allait marquer son engagement. Source:  FL.

   

Un voyage qui laisse des traces

En 1963, à la demande de sa communauté, le père Lindsay - il a été ordonné prêtre en 1953 - s'embarque pour un voyage d'un an en France afin de se spécialiser en philosophie.

Mais avant d'entreprendre ses études à la Sorbonne, il s'offre une tournée de festivals qui le mènera à Salzbourg et à Bayreuth.

 

 
  Il se rend ensuite à Munich et à Vienne pour une autre série de concerts. En deux mois, il assiste à près de 50 événements musicaux tous plus marquants les uns que les autres. Tout le reste de ma vie a été nourri de ces deux mois-là, raconte-t-il, 38 ans plus tard.
   
 

L'idée d'un festival d'été à Joliette

En plus de ses activités musicales au Séminaire, le père Lindsay est déjà, à l'époque de son voyage en France, bien impliqué dans la vie culturelle de la région.

 

Il vient de prendre, en 1963, la direction des Chanteurs de la Place Bourget; il est en charge depuis 1957 des Jeunesses musicales de Joliette et il a fondé en 1962 le Festival-Concours. Mais son désir, voire son besoin, de multiplier les événements à caractère musical n'est pas assouvi. Alors il rêve.

 

 

Les Chanteurs de la Place Bourget en 1969. Source: CB.

 

Inauguration de la treizième saison des Jeunesses musicales à Joliette, en 1965. Source: ACCJ.

 

 

Il rêve au jour où Joliette pourra accueillir, durant la saison estivale, des manifestations musicales majeures pouvant séduire un vaste auditoire. Une sorte de continuité des activités des Jeunesses musicales durant la belle saison. Il rêve…

Mais en attendant, il a les deux pieds sur terre et des projets concrets à réaliser. Il est patient et tenace. Il sait que pour durer, les choses doivent avoir été mûries et bien préparées. Il n'est pas pressé. Il veut d'abord bien structurer les organisations dont il s'occupe.

Il reste que sa tournée des festivals a laissé des marques profondes qui annoncent la naissance du Festival international de Lanaudière.

 

Le Festival international de Lanaudière

  • Une question de qualité
  • Les années de mise en place
  • Visions d'avenir
 
 

Fernand Lindsay au travail. Source:  FL.

Fernand Lindsay

II - Un legs impressionnant

  • Perpétuer une tradition
  • Le Centre culturel
  • Le Camp musical de Lanaudière
  • Le Festival international de Lanaudière