Le Blues en marge
 

 

Le blues est une sensibilité, une émotion expressive (feeling) qui passent dans le jeu, dans le chant et sans lesquelles il ne se passe rien. Il est l'impalpable densité qui donne corps à la musique et transcende les styles et les races.

Philippe Baudoin, Dictionnaire du jazz, Robert Laffont

 

   
 
  • En marge des circuits officiels
  • Jam Sessions à saveurs blues
  • Prendre le blues à coeur
  • Situation difficile pour le blues
  • La boîte à chanson de L'Assomption
  • Les Mangoustes
  • Le blues me guette
 
     

 

Rick Preston (Montréal), Céline Drapeau et Martin Malo, de l'organisation des Rendez-vous blues. Source: Martin Malo.

 

En marge des circuits officiels

Voici un extrait d'un long article de Philippe Baudoin paraissant dans Dictionnaire du jazz publié dans la collection Bouquins chez Robert Laffont. Le blues est donc une émotion que le musicien transpose au travers d'une musique simple et de paroles inspirées par son quotidien, ses plaisirs et ses mélancolies.

 

 
 

 

Le blues tire ses racines de la culture afro-américaine, mais se retrouve partout où l'homme rit, souffre et pleure. Il vit donc ici dans Lanaudière, métissé à d'autres styles ou sous une forme plus traditionnelle.

 

 
  Le blues a ses adeptes, ses interprètes et son public. Il vit en marge des circuits officiels et, n'eut été du travail acharné d'un de ses plus ardents défenseurs, il serait fort probablement resté dans l'ombre. Martin Malo joue du blues et a cherché longtemps à communiquer son amour à un public qui s'est laissé tirer l'oreille. Pour ce faire, il a mis sur pied différentes organisations qui ne visaient toujours qu'à répandre le blues.  

Soirée blues des Mangoustes, avec Martin Malo (à gauche). Source: Les Mangoustes.

     

Jam sessions à saveur blues

En 1995, Martin Malo se met en tête d'organiser des jam sessions réunissant des musiciens de blues de Montréal et de Sherbrooke, entre autres. Les rencontres ont lieu au bar L'Artishow à Joliette le lundi soir. Les artistes acceptent de jouer sans cachet pour le simple plaisir de se retrouver ensemble autour d'une bière. Les concerts sont gratuits et attirent régulièrement un public qui remplit la salle.

Les soirées vont bien, mais les propriétaires du bar décident de ne pas reprendre l'expérience l'année suivante. Le projet se poursuit tout de même en 1996, mais les activités se déplacent au Pub sur la rue Lajoie (Joliette). La réponse des spectateurs n'étant plus aussi bonne, les jam sessions sont alors abandonnés.

 

Le bluesman Michael Jerome Browne (à droite) et Stephen Barry (à gauche), de Montréal, aux Rendez-vous blues. Source: MM.

     

Prendre le blues à coeur

En 1995, une première édition du Festival rendez-vous blues a lieu à Saint-Ambroise. Sur un site extérieur durant 3 jours, 2 000 personnes répondent à l'invitation lancée par Martin Malo. Par la suite, l'événement se tiendra au centre-ville de Joliette. En 2000, le promoteur essoufflé, entouré que de quelques collaborateurs et guère appuyé par la Ville, met fin à ces activités.

 

La galerie, scène acoustique aux Rendez-vous blues, à Joliette. Source: Martin Malo.

 

Le Bar Saint-Bernard, à Joliette.

 

Festival et Rendez-vous blues

  • Le Festival rendez-vous blues
  • Martin Malo : la passion du blues
  • Têtes d'affiche
  • Les Rendez-vous blues
  • Urgel Boogie
 

Situation difficile pour le blues

Joliette n'est pas le seul endroit au Québec où le blues a de la difficulté à s'imposer. À vrai dire, la situation est semblable partout. Quelques festivals en région s'en tirent mieux que d'autres. C'est le cas, notamment, à Sherbrooke, Carleton et Mont-Tremblant.

 
 

 

La Mecque du blues reste cependant le Café campus à Montréal qui propose, depuis 10 ans, des concerts avec les plus grands noms de blues. Des têtes d'affiche comme Muddy Waters et John Lee Hoocker.

Il n'y a plus guère de bars, d'autre part, qui se lancent dans l'aventure dans la région métropolitaine. Le Saint-Bernard à Joliette est probablement le seul bar à réserver encore une place régulière au blues dans Lanaudière.

 

 
 

 

Sainte-Cécile Blues Band inaugure cette série blues-jazz. La formation lanaudoise sera suivie par d'autres groupes de la région qui mettent en vedette Raymond et Dominique Paré dans le Brandon Blues Band, Pascal Richard et son quintette, Martin Malo avec Bleu Smoking ou Urgel Boogie. Les bluesmen de la scène montréalaise ne sont pas en reste avec des artistes de la trempe de Steve Hill, Bob Walsh et le Stephen Barry Blues Band.

Vendredi blues-jazz à L'Assomption

  • L'ambiance chaleureuse du Vieux-Palais
  • Une programmation variée
   

La Boîte à chansons de L'Assomption

La Boîte à chansons de L'Assomption présente des spectacles de jazz et de blues sur une base régulière depuis 1997. Michel Mongeau est responsable de la programmation des Vendredis blues-jazz. Une fois par mois, la Boîte à chansons reçoit des artistes de Montréal et de la région dans une salle qui se prête bien à des concerts intimes. Le blues est, dès le départ, à l'honneur, mais, avec les années, le jazz lui ravit la première place.

 

Le groupe lanaudois Sainte-Cécile.

 
 

 

 
 

Les Mangoustes

Les Mangoustes n'est pas, à proprement parler, une organisation musicale. Il s'agit plutôt d'une sorte de club privé ou de confrérie qui regroupe des membres dont la plupart sont de fervents amateurs de blues.

Fondée en 1985 autour d'une équipe sportive, l'organisation des Mangoustes se transforme, avec les années, en groupe d'amuseurs publics. Ils participent à divers festivals au Québec, juchés sur des bicyclettes créées de toutes pièces. Le regroupement prend un nouvel envol avec la rencontre de représentants de la compagnie Molson à Montréal qui lui confient la planification de divers événements comme des festivals, courses de canards etc.

J.D. Slim (Montréal) – qui a joué avec Nanette Workman – aux Rendez-vous blues. Source: MM.

 

Source: Site des Mangoustes.

 

 
 

En 1998, les Mangoustes produisent leur premier Mangouste blues qui met en vedette J.D. Slim.

L'événement est devenu depuis lors annuel. Il a permis de présenter des grands noms du blues québécois tels Jean Millaire, Bob Harrisson, Marc Deschênes et Jimmy James. Les spectacles n'accueillent que des mangoustes dûment en règle parmi lesquels se retrouvent un certain nombre de musiciens.

Les Mangoustes organisent d'autres rencontres privées réservées à leurs membres - ils sont maintenant plus de 500 - au cours desquelles on fait souvent honneur au blues.

 
     
Le blues me guette

Même si le blues n'attire pas les foules et que les bars le boudent de plus en plus, il aura sa place en ce sol de musique lanaudois tant et aussi longtemps que des Mangoustes, des Michel Mongeau et des Martin Malo croiront, comme le dit la chanson, que chaque nuit dans le noir, chaque soir le blues me guette (Offenbach).

 

 

Steve Hill (Montréal) aux Rendez-vous blues. Source: MM.

 

 

Soirée des Mangoustes à Saint-Félix de Valois. Source: Site des Mangoustes.

 

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