Des salles de spectacles à profusion

 

 
 
  • Le Département de musique et les salles de spectacle au Cégep
  • La musique d’ici dans les bars d’ici
  • Le B.E.
  • L’Artishow
  • L’Interlude
  • La prolifération des groupes et des artistes
  • Des salles de diffusion à profusion
  • La tournée des concours
 
   
 

Le Département de musique et les salles de spectacle au Cégep

Pour beaucoup de musiciens, le Département de musique du Cégep de Joliette est le lieu de rencontre idéal. C’est là, par exemple, que Daniel Boucher effectue ses premiers pas en composition et qu’il fait la connaissance du bassiste Frédéric Beauséjour, de l’auteur compositeur interprète Richard Pelland et du guitariste David Brunet avec lesquels il partagera la scène un jour ou l'autre. C’est également là que des rencontres fort intéressantes s’organisent entre étudiants et musiciens de passage.

En effet, la grande salle de musique est souvent réservée par les étudiants du programme jazz-pop qui invitent tous les intéressés à venir improviser avec eux. C’est au cours d’une de ces soirées que le guitariste Dany Lamoureux, qui étudie alors au Cégep, a joué avec les chanteurs Martin Deschamps et Mario Brault de la Vesse du Loup. Cette rencontre improvisée n’a été que le prélude à de longues collaborations.

 

 

 

Des étudiants du programme Jazz-pop au Cégep. Source: Département de musique du Cégep.

Le Temps des tourmentes – Frédéric Beauséjour, Daniel Boucher, Richard Pelland – au Cégep de Joliette. Source: FB.

 

Musique jazz-pop au Cégep

  • Le Département de musique
  • Le programme jazz-pop
 

Mario Brault, de la Vesse du Loup.

La salle le Calimarose est un lieu vivant où tous les étudiants se donnent rendez-vous et où la vie musicale y est particulièrement active. La radio étudiante y est installée et, depuis quelques années, on y présente les spectacles de début et de mi-session ainsi que ceux de fin d’année.

 
 


Trois lanaudois en scène: Dany Lamoureux, Frédéric Beauséjour et Martin Deschamps (à droite). Source: FB.

   
 

 

La plupart des concerts sont donnés par des étudiants musiciens, mais il arrive, à l’occasion, que des artistes professionnels de passage montent sur les planches du Calimarose. C’est le cas de la Bottine Souriante qui est déjà venue animer le party de fin d’année des étudiants du Cégep.

Enfin, le café Les oubliettes, qui possède une petite scène et un cachet particulier propices aux spectacles intimes, reçoit, à l’occasion, les spectacles des finissants en musique jazz-pop et diverses autres manifestations étudiantes, tant en musique qu’en littérature ou en arts plastiques. Pour beaucoup d’anciens du Collège, Les oubliettes rappellent probablement ces moments de nervosité où ils présentaient, devant parents et amis, les pièces choisies pour l’examen!

 
 

 

Le bar L'Artishow, à Joliette. Source: CL.

   

La musique d’ici dans les bars d’ici

C’est aussi dans les bars de la région que la plupart des musiciens se rencontrent. Ils jouent ensemble lors des jam-sessions qui se font au Speakeasy, au B.E. et à L’Artishow. Ils peuvent également être engagés pour interpréter les succès rock et populaires de tous les temps.

 
 

 

Au B.E., par exemple, les musiciens sont engagés pour quelques soirs. C’est également le cas dans de nombreux autres bars comme le Sterling Pub à Joliette, le Pub 481 à Berthier, le Bar du Fleuve à Saint-Ignace-de-Loyola, le Central à Saint-Michel et le Billard 343 à Sainte-Marcelline.

Certains groupes profitent de leur succès pour insérer entre les pièces leur propres compositions. C’est le cas du groupe Yelo Molo qui, progressivement, en est venu à n’interpréter que son matériel.

 

 

Les bars suivent toujours les tendances musicales. La musique alternative, qui fait son arrivée au début de la décennie, permet aux musiciens de comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’être un virtuose pour jouer de la musique! Elle offre à la jeunesse une tribune pour exprimer ce qui la touche à ce moment là.

 

Yelo Molo à l'Empire des Futures Stars. Source: YM.

 
 

 

Le besoin, pour les jeunes, de traduire leurs préoccupations en parole et en musique n’a pas changé depuis des générations, seule la forme a été revue et corrigée. La musique alternative s’apparente en plusieurs points au rock et inspire plusieurs groupes d’ici. Les bars continuent d’être au cœur de la vie musicale de la région. Ils prennent une part de plus en plus active dans le développement d’une relève qui, selon les propriétaires des lieux, a droit à sa chance.

 
   

Le groupe rock-folklorique Karibou, gagnant de Cégeps en spectacle dans les années 1990. Source: SCRLJ,

 

Le B.E.

Le bar le B.E., surnommé le Bar Étudiant, est le bar le plus fréquenté par les jeunes de la région et par beaucoup de musiciens. Les spectacles sont surtout donnés par la relève en musique rock et traditionnelle. Le B.E. est reconnu, dès son ouverture, pour sa musique alternative, ses soirées rock des années 1960 et 1970 et pour les shows qui y sont présentés.

 
 

 

Plusieurs artistes montent sur la scène du Bar régulièrement. Doc et les Chirurgiens, Daniel Boucher, le groupe rock-folklorique Karibou, et Rose Noire comptent parmi ceux-ci. Lorsque le style musical se prête bien à l’endroit, les groupes gagnants ou, encore, des participants de Cégeps en spectacle présentent leur show au B.E.. Pour plusieurs musiciens et groupes désormais populaires, le B.E. a servi de lieu de rencontre et d’échange.

 

 

Doc et les Chirurgiens. Source: FB.

 
 

L’Artishow

Le bar cabaret L’Artishow, qui ouvre ses portes en 1996, devient rapidement un lieu de foisonnement musical et artistique. Il propose un programme varié : chanson française, québécoise et anglophone, musique traditionnelle et musique du monde.

   

 

Une année après son ouverture, les propriétaires du bar décident de créer leur propre événement. L’Artifest-show réunit des groupes et des auteurs compositeurs interprètes locaux. Il s'agit, pour les propriétaires du Bar, d'une manière de faire connaître au public d’ici les groupes et les artistes lanaudois tels Blues Gitan, Sainte-Cécile, les Cowboys fringants, Doc et les Chirurgiens.

 

 
  À la même époque, débutent les jam-sessions blues et rock organisés par Martin Malo. Richard Pelland présentera plus tard, quant à lui, sa série de spectacles avec invités qu’il baptise : one-man show, tou-mane show… seven-up-man show. Avec les années, L’Artishow devient, pour plusieurs artistes, l’endroit idéal pour y faire le lancement de leur disque. En peu de temps, L’Artishow s’est ouvert à une musique plus actuelle, attirant ainsi de plus en plus les musiciens.  

Le groupe lanaudois Blues Gitan qui interprétait de la musique gitane dans les années 1990. Source: FB.

 
   

Richard Pelland (gauche), Frédéric Beauséjour et Yannick Boivin, aujourd'hui de Yelo Molo. Source: FB.

 

L’Interlude

L’Interlude, qui est toujours aussi prisé des amateurs de musique, s’ouvre à la chanson française et québécoise dès le début des années 1990. Plusieurs auteurs compositeurs interprètes de la région comme Richard Pelland, Denis Lajeunesse et Gino Latendresse ont l’opportunité d’y présenter leurs compositions. Les spectacles, peut-être alors moins fréquents qu’au cours de la décennie précédente, sont cependant plus variés. L’Interlude se différencie des autres bars de la ville par son ambiance intime et la particularité de sa programmation qui attire les amateurs de découvertes musicales de la région et même de l’extérieur.

Pendant que L’Artishow et le B.E. baignent dans la culture rock, L’Interlude, de son côté, fait place à une culture plus marginale et moins populaire, contribuant ainsi à répondre aux besoins d’une clientèle souvent plus âgée. Malgré le changement d’orientation survenu au début de la décennie, L’Interlude garde tout de même quelques airs de jazz.

 

Du Jazz au Bar L'Interlude

  • La Mecque du jazz à Joliette
  • Le café des artistes
 

Étudiants du programme jazz-pop en concert à L'Interlude, en 2001. Source: Interlude.

   
 

 

En collaboration avec les étudiants et les professeurs du Département de musique du Cégep de Joliette, les propriétaires organisent des jam-sessions jazz. Ils fournissent alors l’espace et l’équipement sonore nécessaires au bon fonctionnement de ces soirées d’improvisation.

 

 

Zarzuela à Joliette pour la Saint-Jean-Baptiste, en 2001. Source: CL.

 

La prolifération des groupes et des artistes

Tout est désormais en place pour que l’on puisse dorénavant créer ici de la musique populaire. La musique elle-même est d’ailleurs rendue plus accessible grâce aux nouvelles technologies qui permettent rapidité et efficacité. De nouvelles salles de diffusion, petites et grandes, s’ouvrent peu à peu, donnant ainsi plus de place à tous les genres de musique.

 
 

 

Et puisqu’il est maintenant davantage facile de se rencontrer pour jouer ensemble et que les occasions de présenter des compositions originales se font plus fréquentes, de nombreux groupes rock et pop se forment et se produisent un peu partout.

   
 

Des salles de diffusion à profusion

Le Théâtre du Vieux Terrebonne (TVT), qui ouvre ses portes en 1988, prend définitivement son envol au début des années 1990. Les activités culturelles fort variées font une grande place à la musique. Avec la Salle Rolland-Brunelle à Joliette, Lanaudière compte alors deux salles professionnelles qui présentent des artistes de grand calibre.

 

 

À la même époque, des gens du milieu assomptionniste créent la Corporation Hector-Charland. Cet organisme, qui se bat pour la construction d’une salle de diffusion professionnelle à L’Assomption, commence par présenter quelques spectacles à la Vieille Chapelle du Collège. Au bout d’une longue bataille, la Corporation gagne sa cause en 1995 et inaugure sa salle, le Théâtre Hector-Charland, en 1999.

Lanaudière compte, avec ce nouveau venu, trois importants diffuseurs sur son territoire. Heureusement, la programmation de l’un n’empêche en rien le succès des autres.

Désormais, les Lanaudois ont plus de choix d'activités culturelles puisque les spectacles sont nombreux, variés et, surtout, accessibles. Les diffuseurs se bâtissent une solide réputation au plan régional et provincial en présentant des artistes majeurs. Il faudra cependant attendre la fin de la décennie, pour que ces organismes fassent une place aux artistes de la relève lanaudoise.

   
Le Centre culturel de Joliette
La Corporation Hector-Charland
Société de développement culturel de Terrebonne (SODECT)

L’Interlude, café-bar

La Boîte à chansons de L’Assomption
   

L'Ensemble Vocal Art et Son, de Repentigny.

 
   
 

La tournée des concours

La création de concours, destinés à la relève des arts de la scène au Québec, a grandement contribué à fournir un tremplin aux artistes. Cégeps en spectacle en est un bon exemple. S’adressant aux étudiants du collégial, cette activité a permis à nombre d’entre eux de monter sur scène et de bénéficier d’excellentes conditions techniques, afin de présenter leur matériel original devant un public vraiment attentif.

 

 

L'Action- Dimanche, 16 Février 1997. Source: SCRLJ.

 

 
 

Pour nombre de musiciens d’ici, Cégeps en spectacle a représenté un point important dans la lancée de leur carrière. Cet événement leur a donné le goût des planches et les a incité à perfectionner leur art. C’est le cas notamment de l’auteur compositeur interprète Daniel Boucher. Étudiant alors en génie civil, il s’est, par la suite, rapidement dirigé vers la musique après avoir goûté aux plaisirs de la scène.

 

 

Le Temps des Tourmentes (Frédéric Beauséjour, Daniel Boucher, Richard Pelland), gagnant de Cégeps en spectacle en 1995. Source: FB.

Le groupe Arc en son dans les années 1990, avec Richard Pelland, Frédéric Beauséjour et Louis-Patrick Fréchette. Source: FB.

 

 

Des groupes comme Karibou (Éric Beaudry, David Brunet), Louise et les Gentils Messieux (Daniel Boucher) et Le Temps des Tourmentes (Richard Pelland, Daniel Boucher, Frédéric Beauséjour) sont tous les trois sortis victorieux de la compétition nationale Cégeps Rock. Tous lauréats du premier prix, ils ont eu droit à des heures d’enregistrement gratuites et à une mini-tournée en Belgique.

 

Plusieurs groupes de la région ont également fait très bonne figure à l’Empire des Futurs Stars. La formation Zébulon de Mascouche remporte le concours en 1993. Les années suivantes, ce sont les groupes Ex Libris et Doc et les Chirurgiens qui se classent premiers.

Enfin, Yélo Molo s’illustre, en tant que finaliste, au concours en 1998, permettant ainsi de se faire entendre à travers la province. Ce sont des événements comme celui-ci qui donnent la force à ces groupes de poursuivre leur carrière et de remporter le succès qu’on leur connaît aujourd’hui.

Quant aux auteurs compositeurs interprètes comme Éric Beaudry, Richard Pelland et Daniel Boucher, c’est au Festival en chanson de Petite-Vallée qu’ils se sont d’abord illustrés. C’est d’ailleurs là que ce dernier remporte la palme et un vif succès auprès de grands noms de la chanson québécoise comme Claude Gauthier et Michel Rivard. Gauthier l’invitera à faire la première partie de sa série de concerts au Corona à Montréal en 2000, tandis que Rivard le recevra à son émission Studio TV5.

 
 

  • Daniel Boucher, poète des temps gris
  • Gabrielle Destroismaisons, petite fleur deviendra grande
  • De fringants cowboys!
  • Un retour à la chanson pour Yann Perreault
  • Yelo Molo haut en couleur
  • Martin Deschamps : la musique à sa manière
  • Richard Pelland, un autre artiste de la relève
  • Une musique, une région
 
  Ce sont donc tous ces groupes d’ici qui ont décidé d’écrire et de composer, de s’unir et d’explorer. À force de persévérance et d’encouragement, ils ont su repousser des limites, comme aucun n’y était parvenu avant dans Lanaudière. Et c’est en bloc qu’ils ont défoncé les portes.