Les années 1970

 

 
 
  • Une période florissante
  • La présence du rock
  • L’échange entre les musiciens
  • L’histoire de Jade
  • Des perspectives d’emplois intéressantes
  • La Bottine Souriante emboîte le pas
  • Des familles de musiciens
  • Quelques notes au Cégep
  • La musique change, les bars aussi
  • Le Centre culturel de Joliette
  • Les choix de carrière
 
   

 

Vade Jetro en 1976. Source: Daniel Poirier.

 

Une période florissante

La fin des années 1960 et la décennie qui va suivre constituent l’une des périodes les plus florissantes de la musique populaire au Québec. Les jeunes, qui représentent près du cinquième de la population québécoise, sont sensibles au métissage musical et aux discours qui accompagnent cette musique.

 
 

 

Cette nouvelle génération est entrée de plein pied dans la Révolution tranquille qui va profondément marquer l’avenir de la province. Le climat est propice au rejet des valeurs et des modèles traditionnels. Petit à petit, un langage neuf et une vision moderne vont voir le jour.

 
   
 

La présence du rock

Le rock n’est plus exclusivement américain ou anglais, il est aussi québécois. Bien qu’on écoute beaucoup ce qui se fait aux États-Unis et en Angleterre, il existe maintenant une scène rock au Québec. Des groupes comme Offenbach et Dyonisos sont là pour le prouver.

 

Le regrétté bassiste Paul-Émile Poirier. Source: Daniel Poirier.

 

 

Le groupe Offenbach.

 

Le rock au Québec est plus populaire que jamais. Les boîtes à gogo sont passées de mode, les cabarets font partie d’une époque révolue et les boîtes à chansons n’existent plus. Ces salles cèdent leur place à de nouvelles tendances, de nouvelles vagues et à un renouveau musical. Le festival de Woodstock, en 1969 aux États-Unis, a une portée considérable partout à travers le monde. Il influence plusieurs musiciens de la région qui apprécient le rock, le folk et le funk.

 
 
 

 

Il n’est pas encore possible à cette époque d’étudier la musique populaire dans les écoles. Cependant, beaucoup de musiciens vivent et jouent dans la région. Nous pensons immédiatement à Dany Coutu ou Denis Fréchette, mais également aux guitaristes Jacques Lemire, Louis-René Préville et Jacques Racine, aux batteurs Claude Joly, Gilles Baillargeon et Denis Lajeunesse, aux bassistes Roger Venne, Sylvain Simard et Paul-Émile Poirier ainsi qu’aux pianistes Luc Paradis et Serge Locat. Notons que ce dernier rejoindra plus tard la célèbre formation Harmonium.

 

 
  Ces musiciens ont des contrats dans les bars et pour des noces comme leur prédécesseurs en avaient des années auparavant. Ils font même de la musique lors de parades de mode! Certains d’entre eux ont décidé de fonder des groupes et d’interpréter leurs propres compositions. L’expérience se réalise, mais la réponse du public se fait attendre. Même si le rock devient québécois, il n’est pas encore lanaudois.  

Album Transfert, de Serge Locat, après son passage au sein d'Harmonium. Il mène encore une carrière de musicien.

 
   
 

Le batteur Claude Joly fondera Vade Jetro à l'âge de 15 ans, en 1971. Ici en compagnie du guitariste Louis-René Préville. Source: Daniel Poirier.

 

L’échange entre les musiciens

Dans les années 1970, le milieu musical populaire lanaudois n’est pas encore organisé. Les musiciens se côtoient en petites bandes, pour le plaisir. Il n’existe alors que peu de lieux et d’occasions leur permettant de se regrouper, même sur une base informelle. Les rassemblements sont spontanés et aucune organisation officielle n’est là pour les favoriser.

 
 

 

Le bouche à oreille reste encore le moyen le plus efficace de se rencontrer. Les groupes qui se forment à l’occasion de contrats dans les bars, les noces et les fêtes,permettent aux musiciens de se connaître, de se côtoyer, de jouer ensemble et d’apprendre. Grâce à ces opportunités de travail en commun, les plus expérimentés d’entre eux servent de professeurs aux autres.

 

 

Bannière du groupe Vade Jetro. Source: Daniel Poirier.

  Beaucoup de groupes se font et se défont au gré des rencontres et des affinités. C’est le cas, entre autres, de la formation Vade Jetro du batteur Claude Joly et du groupe Le Punch du guitariste Jacques Lemire.  
   
 

L’histoire de Jade

Claude Joly n’a que 15 ans lorsqu’il décide de fonder Vade Jetro en 1971. Ses acolytes sont Paul-Émile Poirier à la basse, Jean-Luc Allard à la trompette, Richard Brault aux percussions et voix, Daniel Poirier au saxophone et Louis-René Préville à la guitare.

 

Le saxophoniste Daniel Poirier.

Le groupe interprète les succès de l’époque, notamment ceux de la formation américaine Chicago. Il est surtout engagé pour jouer dans des spectacles en plein air et lors de fêtes de village.

Quelques années plus tard, le groupe Le Punch est fondé. Le leader, Jacques Lemire, est reconnu à l’époque, explique Dany Coutu, pour sa parenté évidente avec Jimi Hendrix dont il interprète une partie du répertoire. Les musiciens qui l’accompagnent sont Jacques Gagné à la batterie, le chanteur Pierre Desrochers, Sylvain Simard à la basse et son frère Fernand aux congas.

 

Vade Jetro. Source: Daniel Poirier.

 

Le guitariste Jacques Lemire, aujourd'hui à Quebec Son. Source: Daniel Poirier.

 

Jade. Source: Daniel Poirier.

 
   
 

 

Le groupe se spécialise surtout dans les reprises de Jimi Hendrix et de Santana, mais il joue également les succès du rock commercial - le Top 40.

Au fil des spectacles et des rencontres, des liens se tissent et les échanges musicaux sont de plus en plus fréquents entre les musiciens. Quelques membres des deux formations décident alors de fonder le groupe Dimensions, qui prendra plus tard le nom de Jade. Jacques Lemire et Claude Joly sont toujours au poste. Le groupe compose maintenant ses pièces et les présente à un public initié. En 1972, il s’inscrit au concours mis sur pied par la revue Pop-Rock.

Après avoir remporté le quart de finale à Joliette et la demi-finale à Montréal, Jade gagne la grande finale qui a lieu à l’Aréna de Saint-Jérôme. La revue Pop-Rock fait l’éloge de la formation à laquelle elle prédit un bel avenir. Pourtant, le groupe ne persistera pas. Une foule de facteurs font en sorte qu'il se sépare et que les membres continuent seuls leur chemin.

 
 

 

 

 

La chanteuse Nancy Martinez et son mari, le batteur Alain Pichette, dans les années 1980. Source: Réal Marcil.

 

Des perspectives d’emplois intéressantes

À force de jouer dans les clubs, les musiciens se font connaître des artistes majeurs de l’époque. Ainsi, Claude Joly et Dany Coutu deviennent respectivement batteur et guitariste du chanteur populaire Martin Stevens et partent avec lui en tournée à travers le Canada et les États-Unis. Jacques Lemire accompagne le chanteur Pierre Perpall dans ses tournées. Denis Fréchette fait la rencontre des musiciens avec lesquels il fondera le Montreal Sound, fort populaire à l’époque.

Le guitariste Jacques Racine de Saint-Michel-des-Saints se joint au groupe Aut’Chose formé par le poète Lucien Francoeur. Benoît Lajeunesse, qui joue déjà du violon à l’époque, se joindra beaucoup plus tard au Cirque du Soleil avec lequel il est encore lié.

Enfin, le bassiste Paul-Émile Poirier accompagnera Châtelaine au cours de ses années de succès.

De leur côté, les musiciens qui ont fait partie de Jade, continuent de jouer dans les orchestres maison des différents bars de la région.

 
 

 

 

Châtelaine, accompagnée du bassiste Paul-Émile Poirier. Source: Réal Marcil.

 
   
 

La Bottine Souriante emboîte le pas

Le premier album de la Bottine Souriante, vendu à 50 000 copies, est la preuve incontestable que la musique traditionnelle fait désormais partie du marché musical populaire au Québec. La Bottine Souriante est un des premiers groupes folkloriques à monter sur scène à la demande du public. Au fil des ans, la formation métissera musique traditionnelle et musique populaire.

 

Pochette de l'album de la Bottine Souriante intitulé Xième (Rock & Reel).

 

 

Son succès incite d’autres musiciens de la région à se jeter dans la mêlée. Si le groupe a une forte influence chez les musiciens traditionnels, il y a fort à parier qu’il inspire également les artisans de la musique populaire. Pour beaucoup de Lanaudois, la Bottine Souriante a ouvert la voie à d’autres musiciens de chez nous et a démontré qu’il était possible d’exporter la musique made in Lanaudière partout dans le monde.

 

 
 

La famille Cantin, au Festival Mémoires et Racines. Source: AMR.

   

Des familles de musiciens

La région ne regorge pas seulement de musiciens, mais également de familles de musiciens. Nous pensons immédiatement à la famille Cantin qui perpétue, encore en 2002, la chanson traditionnelle de génération en génération.

 
 

 

En musique classique, les sœurs Chantal et Élaine Marcil, qui ont fondé le Quatuor Claudel, nous viennent immédiatement à l’esprit. Alors qu'en musique country, c'est à la famille Gravel que nous songeons d'abord. Mais il y a également des familles qui font de la musique populaire. C’est le cas, entre autres, des Marion de Saint-Cléophas et des Pichette de Notre-Dame-des-Pariries.

 

 

Le magazine Pop Rock, très populaire à l'époque. Source: Daniel Poirier.

 

Découpure de journal de la famille Marion, de Saint-Cléophas. Source: Réal Marcil.

 

Hollywood And Vine, dont fait partie le batteur Alain Pichette. Source: Réal Marcil.

 

La famille Marion compte plusieurs musiciens qui jouent du rock à la sauce folklorique. Le groupe anglais Jethro Tull fait partie des influences du clan qui en interprète plusieurs pièces. L'idée de métisser folklore et rock leur vient de formations québécoises comme Garoloup. Plus tard, quelques membres de la famille Marion créeront le groupe Fillmicks qui deviendra peu après Québec à l’envers. Durant toute cette période, les Marion ont composé des pièces originales. Cependant, ils délaisseront vite l'écriture pour se consacrer d’abord à l'interprétation. Ainsi, ils pourront vivre de leur métier dans la région.

La famille Pichette de Notre-Dame-des-Prairies joue également du rock. Elle se produit partout dans les bars et lors de fêtes dans la région. Alain Pichette et son frère Pierre-Yves entameront, par la suite, des carrières professionnelles. Pierre-Yves est guitariste et jouera surtout dans les clubs de la province.

De son côté, Alain deviendra le batteur du groupe Hollywood And Vine dont la chanteuse est Francine Raymond. Il entraînera avec lui, au sein de la formation montréalaise, le guitariste lanaudois Christian Péloquin. Alain Pichette a également joué avec des vedettes québécoises de l'époque comme les chanteuses Châtelaine et Nancy Martinez.

 

Le défunt bassiste Paul-Émile Poirier (à gauche) avec le guitariste Pierre Noël (à droite), avec la soeur d'Alain Pichette. Source: Réal Marcil.

   
 

Quelques notes au Cégep

Le Département de musique du Cégep de Joliette n’existe pas encore dans les années 1970. Pourtant, quelques étudiants ont envie de faire bouger les choses. Avec l’aide de l’animateur socioculturel, ils créent des ateliers d’initiation à la musique populaire, font des trames sonores pour les films étudiants et organisent des concerts à la Salle académique.

Après toutes ces années où la musique classique a régné en maître dans les murs de la vénérable institution, voilà que la musique populaire tente une première véritable incursion.

 

Dans le Joliette Journal, Yves Dézy lance un appel aux programmateurs locaux pour davantage de musique contemporaine et moderne.Source: ACCJ.

 

 

 

L'Hôtel Central de Saint-Michel-des-Saints.

 

La chanteuse Châtelaine et Paul-Émile Poirier. Source: Réal Marcil.

 

   

La musique change, les bars aussi

L’époque des boîtes à chansons et des cabarets est désormais révolue. Ces derniers ferment peu à peu leurs portes et cèdent leur place à des bars rock. La vague yé-yé des années 1960 est passée de mode.

Plusieurs vedettes et groupes quittent la scène musicale, pendant que d'autres réussissent à se renouveler. Les salles de danse et de spectacles de Saint-Gabriel-de-Brandon, qui recevaient ces artistes, ne correspondent plus aux goûts de la clientèle. La plupart d’entre elles ferment leurs portes.

Les chansonniers remportent un tel succès que les boîtes à chansons, de dimension souvent modestes, ne réussissent plus à répondre à la demande d’un public toujours grandissant. Elles devront se transformer.

 
   
 

Le concept de la boîte à chansons est lui-même passé de mode. Ces petites salles, généralement peu équipées, ne rencontrent plus les exigences techniques toujours plus élevées que demande le milieu du show-business. Un virage musical est en train de s’opérer. Il emportera dans la tourmente les salles qui ne sont pas en mesure de s’adapter.

 

Au Bar Mango, le groupe Dimension formé de Claude Joly, Dany Coutu et Roger Venne. Source: Réal Marcil.

Découpures de journaux de Pierre Perpall et Châtelaine. Artistes et interprètes variés. Source: Réal Marcil.

 

Châtelaine. Source: Réal Marcil.

Le chanteur Pierre Perpal, dans les années 1970. Source: Réal Marcil.

 

En 1970, Claude Joly, Dany Coutu et Roger Venne au Bar Madrid. Source: Claude Joly.

Les lieux de diffusion qui ne ferment pas suivent la tendance rock. C’est le cas du Royal à Sainte-Julienne, du Beaudry à Saint-Côme, du Berthelet à Berthierville et de l’Hôtel Victoria à Joliette. De nouveaux lieux naissent avec l’arrivée de la vague funk.

Des discothèques font leur apparition et des salles de danse, qui existent déjà, s’ajustent au goût du jour. Depuis peu, certaines écoles reçoivent dans leur gymnase ou leur auditorium des groupes locaux.

Il arrive, à l’occasion, que les orchestres qui se produisent dans ces institutions scolaires ne soient pas de la région. C’est le cas du groupe montréalais Expedition. Il compte parmi ses membres le guitariste Jean Millaire qui fondera, des années plus tard, Corbeau.

Beaucoup d’amateurs de funk, de disco et de rock se retrouvent à la discothèque l’Ocsid. Située au centre-ville de Joliette, elle fait son apparition durant la décennie 1970. Bien que cette salle ne se spécialise pas dans la diffusion de spectacles, elle reçoit, de temps à autre, des artistes populaires québécois.

Plusieurs musiciens de la région se rappellent encore que le groupe le plus rock’roll au Québec, Offenbach, est passé par l’Ocsid au début de sa carrière.

Le Guillaume Tell ouvre ses portes à Saint-Jean-de-Matha. Beaucoup de contrats attendent les musiciens d’ici, et plusieurs formations de l’extérieur, qui empruntent le circuit des bars, sont engagées. Le groupe Karibou de Trois-Rivières faisait toujours bonne impression quand il venait au Guilaume Tell. Il offrait des harmonies vocales parfaites! se rappelle Jacques Lemire. Gageons qu’ils ont donné envie à d’autres de faire de même…

 

 

 
 

 

Ouvert depuis plusieurs années déjà, le Central à Saint-Michel-des-Saints accueille très couramment les groupes rock les plus populaires de l’époque comme Aut’chose, Offenbach et Corbeau. La raison est fort simple.

Le guitariste de la formation Aut’chose est natif de Saint-Michel et connaît bien la scène rock québécoise. Il y a une ébullition à cette époque-là à Saint-Michel-des-Saints. Les musiciens se donnent le mot et se réunissent au Central nous dit Réal Marcil.

 

 
 

 

Jacques Lemire et Mickey Rivest. Source: Réal Marcil.

 

 

On peut aussi apprécier l’animation que font des chansonniers de la région et de l’extérieur à la brasserie La Ripaille de Repentigny, ouverte en 1975. Elle propose des spectacles à chaque fin de semaine. Mais ne vous trompez pas! Les chansonniers invités ne sont plus ceux des boîtes à chansons. Ils reprennent des chansons populaires à répondre, à boire et font participer le public.

La Brasserie engage également des groupes locaux et montréalais. Durant 15 ans, La Ripaille a été un lieu de rassemblement très populaire qui a permis aux nouveaux chansonniers de gagner leur vie. Puis, après quelques années de fermeture, la Brasserie reprendra sa vocation musicale dans les années 1990.

 

 
  Il y a encore des soirées de danse au Kambo, mais aussi des spectacles rock. Claude Joly et Jacques Lemire se rappellent très bien des performances électrisantes que le chanteur et guitariste Frank Marino du groupe Mahogany Rush y donna alors.  
   
 

Le Centre culturel de Joliette

Le Centre culturel de Joliette poursuit, en quelque sorte, les activités entreprises par les Jeunesses musicales de Joliette fondées par le père Fernand Lindsay en 1952.

C’est au cours des années 1970 que le Centre culturel prend officiellement son envol. Jusqu’à cette époque, la musique classique a occupé la plus grande place, n’attirant pas toujours les foules malheureusement. Le père Lindsay songe alors à organiser des spectacles populaires afin de rentabiliser les opérations de l’organisme. La partie sera gagnée le jour où le Centre culturel de Joliette deviendra le seul gestionnaire de l’ancienne Salle académique du Séminaire et qu'il pourra présenter les vedettes de l'heure.

Ginette Reno au Centre culturel de Joliette. Source: ACCJ.

 

Gilles Vigneault. Source: ACCJ.

Adamo. Source: ACCJ.

Les grands noms de la musique d’alors, comme Gilles Vigneault, Monique Leyrac, Adamo et Ginette Reno, répondront à l’invitation du Centre. Ils donneront leur tour de chant à Joliette dans le seul endroit de la région à présenter des artistes d’un tel calibre dans une vraie salle de spectacles.

Nous verrons la place grandissante qu’occupera l’organisation dans le domaine des variétés au cour des décennies suivantes.

 
 
   
 

Les choix de carrière

Pour la majorité, faire carrière en musique n’assure pas un gagne-pain convenable. Plusieurs délaissent donc le milieu et se contentent de jouer pour le plaisir. Certains choisissent des professions qui les gardent en contact avec la musique. C’est le cas, entre autres, de Maurice Rivest devenu propriétaire du Bar Grand Nord, de Claude Joly qui donne des cours privés et de Jacques Lemire de Québec Son. Tous établis dans la région, ils ont joué sur la scène locale dans les années 1960 et 1970.

 

 

Le Bar Grand Nord, de Maurice Rivest, à Joliette. Source: CL.

 

 

D’autres réussissent à percer et font encore aujourd’hui carrière en musique : Serge Locat devient le claviériste d’Harmonium, puis se met plus tard à la composition. Denis Fréchette forme un big-band de jazz, joue dans la Bottine Souriante et enseigne au Cégep de Joliette. Daniel Hétu est auteur compositeur interprète et pianiste professionnel.

Andrée Brault et Luc Locat dirigent des chorales dans la région pendant que Dany Coutu devient musicien pour la télévision, entre autres, puis professeur au Département de musique au Cégep de Joliette.

 
 

Le guitariste Jacques Lemire aujourd'hui à Québec Son. Source: CL.

 

 

Comme dans les années 1960, les musiciens ont d’abord interprété des succès de leur époque, ce qui a permis à nombre d’entre eux d’apprendre à jouer. Plusieurs groupes ont, d’autre part, présenté leur compositions sans remporter toutefois de grands succès. Faute de public, de lieu de diffusion adéquat et de persévérance, toutes ces expériences ont fini par avorter.

 
 

 

Les salles et les bars de la région permettent encore de voir des artistes renommés et d’écouter des musiciens et des orchestres locaux. Lanaudière regorge, à cette époque, de musiciens rock et pop actifs ici et ailleurs. Mais pour espérer devenir une étoile montante, il faut quitter la région et s’installer dans une grande ville. Nous verrons qu’au cours des prochaines décennies le milieu musical lanaudois s’organise peu à peu et donne la chance à ses artistes de percer le marché québécois.

 

 
 

Andrée Breault fondatrice du Choeur Vocal 80 en 1980.

Les années 1980

  • Individualisme et américanisation
  • Un virage au milieu des années 1980
  • Le milieu musical populaire s’organise dans la région
  • Les lieux de diffusion
  • Des concerts populaires au Festival d'été de Lanaudière
  • Les bars de la région
  • Le Département de musique
  • Le programme jazz-pop
  • Cégeps en spectacle
  • Le groupe Sainte-Cécile
  • Un avenir qui promet