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Les
années 1980
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- Individualisme
et américanisation
- Un
virage au milieu des années 1980
- Le
milieu musical populaire sorganise dans la région
- Les
lieux de diffusion
- Des
concerts populaires Festival d'été de Lanaudière
- Les
bars de la région
- Le
Département de musique
- Le
programme jazz-pop
- Cégeps
en spectacle
- Le
groupe Sainte-Cécile
- Un
avenir qui promet
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Céline
Dion, au Cégep de Joliette, en octobre 1985. Mention dans le Joliette
Journal. Source: ACCJ.
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Individualisme
et américanisation
Léchec
référendaire de 1980 contribue certainement à entraîner
la société québécoise dans une vague dindividualisme.
Les grands rassemblements et les regroupements autour de causes sociales
nont plus la cote. On ne chante plus le fait national, le cur
ny est plus. Selon le livre La chanson québécoise
: de la Bolduc à aujourdhui, la musique populaire au
Québec change de concert avec le discours dune nouvelle génération.
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Après
leffritement des valeurs religieuses et familiales pendant les années
1960, politiques et sociales pendant les années 1970, les années
1980 semblent être placées sous le signe de la recherche
de nouvelles valeurs.
La
chanson québécoise : de la Bolduc à aujourdhui
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Ajoutons
à cela que les compagnies de disques, majoritairement américaines,
délaissent le marché québécois qui nest
plus aussi prolifique et rentable quavant. Tout ce qui tourne autour
de la spécificité, de lidentité, du nationalisme
et de la fierté québécoise est mis de côté.
Les artistes de la musique populaire québécoise abordent
des thèmes plus internationaux. Il en est de même de la langue
utilisée dans les chansons. Dans les années 1980, beaucoup
dartistes emploient un français plus international, dénudé
des subtilités de laccent québécois auquel
on a fortement recouru au cours de la décennie précédente.

La
chanteuse Louise Portal. Source: ACCJ.
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Up
With People. Source: ACCJ.
Ce manque dintérêt pour la chanson québécoise
coïncide également avec laméricanisation de la
musique populaire. Les groupes et artistes québécois anglophones
prolifèrent pendant que des chanteurs ou chanteuses francophones
choisissent de sexprimer en anglais. Nous navons quà
penser à Céline Dion qui a débuté sa carrière
en français, mais qui rapidement sest convertie à
langlais pour se diriger vers les États-Unis afin dy
faire une percée internationale.
Nous
pouvons également citer en exemple le groupe québécois
The Box dont les succès anglophones lui ont permis dêtre
connu à travers toute lAmérique du Nord. Le public
reste indifférent à la chanson québécoise
pendant que les artistes se cherchent de nouvelles sources dinspiration.
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Un virage
au milieu des années 1980
Suite à
une demande du milieu québécois de la radio et de lindustrie
du disque et du spectacle, le gouvernement du Canada fonde, en 1985, lorganisme
Musicaction. Son mandat est dencourager le développement
de la musique francophone au Québec. Musicaction favorisera laide
à lenregistrement de disques et de vidéoclips ainsi
que le soutien à lorganisation de tournées, à
la promotion et à la mise en marché des enregistrements.
Des concours
radiophoniques sont, à la même époque, mis en place
et la nouvelle chaîne télévisée Musique plus,
née de la vague du vidéoclip, ouvre ses portes en 1987.
La technologie, en devenant plus accessible et moins onéreuse,
permet de plus en plus aux artistes de sautoproduire. Il devient
alors beaucoup plus facile de mettre en circulation ses chansons et ainsi
de se faire connaître.
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La
fin de la décennie semble donc offrir de nouvelles avenues à
la musique populaire au Québec. La région profite de ces retombées
récentes et, peu à peu, la création, la production
et la diffusion deviennent davantage possible dans Lanaudière. |
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Article
du Joliette Journal sur le concours Cégeps en spectacle en 1982. Source: SCRLJ.
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Le milieu musical populaire sorganise dans la région
Depuis ses
débuts, la musique populaire a toujours été présente
dans la région. Les décennies 1960 et 1970 ont été
des périodes de découverte et dexploration pour les
musiciens.
De nouveaux
outils et de nouveaux moyens vont être mis à la disposition
des artistes lanaudois dans les années 1980, leur donnant ainsi
lespace nécessaire à davantage de création.
Mais le milieu doit tout dabord sorganiser afin de permettre
à de nouveaux talents déclore et de prendre leur envol.
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Les lieux
de diffusion
La musique
populaire évolue et appelle de nouveaux lieux de diffusion. La
musique disco, par exemple, entraîne lachat de systèmes
de sons plus puissants et l'embauche de disc-jockey. Le développement
des technologies et lengouement pour tout ce qui est électronique
permettent aux musiciens daccomplir plus de choses en même
temps, mais restreignent, du même coup, les perspectives demplois.
On est bien loin de lépoque où les musiciens travaillaient
dans les bars à temps complet!
Larrivée
dune petite boîte de jazz, à la formule intimiste,
comme LInterlude est un autre signe de changement au plan musical.
Elle répond à un besoin puisquil nexistait aucun
lieu adapté pour une musique acoustique, notamment. Elle ouvre
la porte à dautres initiatives qui se prendront dans les
décennies suivantes. Quant à la salle de danse comme on
la connue dans les années 1960 et 1970, elle disparaît
complètement.

Le
chanteur Daniel Lavoie au Centre culturel en 1982. Source: ACCJ.
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Denis
Fréchette (trompette) à L'Interlude. Source: Interlude.
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Le Centre
culturel de Joliette devient, à cette époque, le seul gestionnaire
de la Salle académique du Cégep de Joliette, baptisée
Salle Rolland-Brunelle en 1983. Ainsi, il na plus à concurrencer
avec les autres producteurs qui souvent viennent de lextérieur
de la région. Il peut donc proposer une programmation encore plus
complète et variée quauparavant.
Plus la vie
musicale des salles de spectacle est riche, plus cela devient intéressant
pour les gens dici. De leur côté, les musiciens d'ici
ne connaissent encore qu'un succès d'estime. Il faudra attendre
les années 1990 pour que des groupes comme Doc et les Chirurgiens
et Zébulon remportent un succès critique et populaire.
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Vig
Vogel dirigeait l'un des plus importants big band de jazz du Québec.
Source: ACCJ.
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Des concerts populaires au Festival d'été de Lanaudière
De 1985 au
début des années 1990, le Festival d'été de
Lanaudière a décidé de faire une incursion du côté
de la musique populaire et du jazz. Linitiative en revient à
Paul Dupont-Hébert, alors directeur général du Festival.
Les premiers spectacles sont présentés derrière le
Cégep de Joliette durant lété 1985. Cest
à cette occasion que le Festival reçoit Francis Cabrel et
Fabienne Thibault dans une série de concerts gratuits.
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Puis des
représentations en salle permettent au public dapprécier
les performances de Michel Rivard, Diane Dufresne, du saxophoniste Stan
Getz et du Trio François Bourassa. Au début des années
1990, le Festival met fin à ses concerts populaires pour ne se
consacrer quà la musique classique. Cest la réaffirmation
de sa vocation première.
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Les bars de la région
Tout comme
la brasserie la Ripaille à Repentigny dans les années 1970,
la Maison de la Bière à Joliette engage des chansonniers.
Ils reprennent des succès populaires québécois ou
américains en saccompagnant à la guitare et en faisant
appels à divers appareils électroniques.
Ces animateurs-chanteurs,
comme on peut les qualifier, se laissent porter au gré des vagues
et des courants. Ils ont délaissé, très souvent,
le français comme langue de travail et linstrument acoustique
comme moyen dexpression.
Le Bar lExcellence
à Joliette attire des gens de partout. Cest à lépoque,
la discothèque à fréquenter. Cétait
là quon se tenait et quon entendait ce qui se faisait
ailleurs, nous dit Michel Dufour, leader du groupe Sainte-Cécile.
Ça nous donnait envie de faire de même.
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Ti
Gus et ti Mousse au Centre culturel. Source: ACCJ.
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Le
groupe Sainte-Cécile. Source: Cathy Sunderland.
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On y présente
régulièrement des spectacles de groupes populaires qui font
la tournée des circuits des bars de la province. Le chanteur Sylvain
Cossette et son groupe Paradoxe, qui reprennent des succès new
wave, sont des habitués de lExcellence.
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LInterlude
ouvre ses portes en 1985. Ce café-bar, qui ne présente au
départ que du jazz, devient vite un lieu de rencontre intéressant
pour les musiciens. Cest dailleurs là que Denis Fréchette
invite Dany Coutu à devenir professeur de guitare au programme
jazz-pop du Département de musique du Cégep de Joliette.
LInterlude
va devenir un important lieu de diffusion de musique populaire au début
des années 1990, tant pour la relève lanaudoise que pour
les artistes dailleurs.
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Le
musicien Dany Coutu a débuté sa carrière dans les
bars et salles de danse de la région avec son collègue Denis
Fréchette. Source: Département de musique du Cégep.
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Cégeps en spectacle
Cégeps
en spectacle est un concours qui encourage les arts de la scène
et qui sadresse aux étudiants du collégial. Instauré
en 1979, lévénement réunit, la première
année, 8 collèges dont le Cégep de Joliette. Au fil
des ans, il devient la principale activité culturelle du réseau
collégial québécois.
Le
jury du councours, dans le Joliette Journal. Source: CRLJ.
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Affiche
de Cégeps en spectacle dans les journaux du Cégep en 1982. Source: SCRLJ.
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À
lépoque, le Cégep de Joliette est le seul collège
participant à ne pas être de la région de Montréal.
Il est aussi lune des rares institutions dont les cégépiens
présentent, en majorité, des spectacles musicaux.
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Cégeps
en spectacle permet, entre autres, aux étudiants du Département
de musique de présenter des pièces qui séloignent
du répertoire classique et ce, à une période où
ni le jazz ni le populaire nont leur place au Collège.
Lanimateur
socioculturel du Cégep, Gilbert Boulet, se rappelle dailleurs
lun des numéros de la première édition exécuté
par un groupe détudiants en musique. Lambiance
était particulière : le groupe formait un demi-cercle sur
la scène. Les musiciens avaient, comme seul éclairage, de
grands cierges et ont interprété des chants grégoriens.
Un silence religieux régnait dans la salle
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Sainte-Cécile.
Source: Michel Dufour.
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Certains
musiciens du Cégep profitent du concours pour présenter leurs
compositions. Cest la première fois quil est donné
à des artistes de la relève dinterpréter du matériel
original devant un public vraiment réceptif. Les jeunes ne se privent
alors pas pour innover et créer! Le musicien Marc Busic est lun
de ceux qui met de lavant la création. Son groupe Mental Medication
gagne la finale locale en 1986. Mais cest au sein de la formation
Sainte-Cécile quil montera régulièrement sur
scène quelque temps plus tard.
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Le
groupe Pareil Cactus. Source: Michel Dufour.
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Le groupe
Sainte-Cécile
Le
groupe Sainte-Cécile est né le 22 novembre 1987 à
loccasion de la fête de la Sainte-Cécile — Sainte-Cécile
est la sainte patronne des musiciens —. La formation, qui ne devait
donner quun seul spectacle, existe depuis maintenant 15 ans. À
cette époque, Sainte-Cécile se spécialise dans le
reprise des succès new wave des années 1980. Il nest
donc pas question de travail de composition, mais simplement darrangement
et dinterprétation.
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Certains
membres du groupe ont cependant mis sur pied plus tard dautres formations
qui, elles, se sont mises à la composition. Malheureusement pour
elles, laccueil du public a toujours été plutôt
mitigé. Il sagit des groupes : Pareil Cactus, Lunaparc et
Beatnic Café. Larrivée de ces formations ne signe
en rien la dissolution de Sainte-Cécile dont la popularité,
au fil des ans, nira quen augmentant.
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La
Bottine Souriante. Source: Les Productions Milles-Pattes.
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Un avenir
qui promet
Les années
1980 sont des années de doute et de remise en question. Après
avoir décrété la chanson québécoise
malade, tout le monde tente de se mettre de la partie pour trouver un
remède afin de soutenir ce moyen dexpression populaire. Le
milieu se structure davantage. Les diffuseurs solidifient leurs assises.
Et lentement, un léger vent despoir vient souffler sur le
monde de la musique.
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Lanaudière
est de plus en plus identifiée à la musique avec son festival
dété qui deviendra bientôt international et
avec une Bottine Souriante qui voyage de par le monde en parlant de nous.
Elle na toutefois pas encore produit de vedettes dans le domaine
de la musique populaire. Fait important à noter, peu dartistes
se sont, jusquà maintenant, consacrés sérieusement
à la composition. Il faut avoir les reins solides pour produire
et interpréter son propre matériel dans la région.
Mais des
indices nous laisse présager quau cours de la prochaine décennie,
des artistes parviendront à percer. Rien nest encore gagné,
mais il est permis despérer.
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Au
cours des trente dernières années, des défricheurs
ont préparé le terrain qui va permettre à de nouveaux
groupes comme Ex Libris, Zébulon ainsi que Doc et les Chirurgiens
de relever le défi.

Doc
et les Chirurgiens au Bistro à Jojo (Montréal). Source: Frédéric Beauséjour.
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