La musique au Québec avant 1850
 
       
 
  • La musique en sourdine jusqu'à la fin du XVIIIe siècle
  • Concerts et sociétés musicales au XIXe siècle
  • Une vie musicale récente
  • À tout seigneur tout honneur
  • Seigneurie de Sainte-Mélanie d'Ailleboust
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Premier corps de musique, formé en 1837 et dirigé par Pierre Martel. Source: CRAL/P0009/H3/5.

 

 

La musique en sourdine jusqu'à la fin du XVIIIe siècle

Nous savons très peu de choses de la vie musicale au Québec avant le début du XVIIIe siècle. Les informations que nous possédons concernent exclusivement les villes de Québec et de Montréal et ne s'attachent qu'à la musique qui se faisait dans les églises (orgue et chorales).

Willy Amtmann nous apprend dans son livre La musique au Québec 1600-1875, que des concerts sont donnés à Québec et Montréal dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Ces soirées musicales, qui se terminent souvent avec un bal, font entendre de la musique légère qui alterne avec de la musique plus sérieuse. On ignore tout cependant des programmes et des interprètes.

 
 

 

À cette époque, les professeurs de musique se font rares et, comme l'explique Willy Amtmann, on cultivait l'art musical moins pour lui-même que parce que c'était bien vu, surtout chez les jeunes filles de bonne famille…

 

 
 

Les fanfares, principalement celles des régiments, sont cependant actives et elles participent à diverses manifestations. La danse est également populaire, probablement plus que la musique. Cette dernière est généralement intégrée aux représentations théâtrales et prennent la forme d'ouvertures, d'interludes, de chants. Il s'agit souvent de pièces courtes dans un style descriptif.

 

Soirée dramatique et musicale par les Amateurs de Joliette, au profit de l'Église de Sainte-Émilie de l'Énergie, à la Salle du Collège, lundi, 25 juin 1877. Au programme : Les Pirates de la Savane. Il est spécifié que «La Bande de musique assistera». Source: SHJL.

 

Séance dramatique et musicale au profit de l'oeuvre de la Chapelle Bonsecours, à la Salle de l'Institut en 1882. Partie musicale exécutée par S. Provost. Source: SHJL.

 
 
   

Concerts et sociétés musicales au XIXe siècle

Les concerts commencent à se faire plus nombreux au tournant du XIXe siècle, au moment où arrivent ici des musiciens professionnels en provenance des États-Unis, d'Europe et, particulièrement, d'Allemagne. Quant à l'opéra français et italien, il ne fait son apparition au Québec que dans la seconde moitié du siècle. Seuls des opéras comiques et des opérettes étaient présentés jusqu'alors.

 
 

 

À la même période, les premiers concerts de musique sacrée commencent à se multiplier. Ils se développeront, surtout, après la création de la Montreal Singing Academy en 1837.

Quelque 20 ans plus tôt (1819), la province avait vu naître un de ses premiers ensembles instrumentaux: la Société musicale de Québec.

   
 

Une vie musicale récente

Au milieu du XIXe siècle, le Québec accueille une seconde arrivée massive de musiciens européens. Paul Letondal fait partie de ces musiciens qui viennent s'établir ici pour enseigner. Il donnera des cours à Calixa Lavallée et formera nombre de musiciens dont certains deviendront professeurs à Joliette.

La province connaît, au même moment, une multiplication de nouvelles sociétés qui s'occupent de musique symphonique, d'opéra, de chorales et de musique de chambre. Les écoles de musique sont alors, elles aussi, en pleine croissance.

 

Carte postale illustrant l'orgue de l'ancienne chapelle du Séminaire de Joliette construite en 1881 et détruite par un incendie. Source: ACSV.

 

 

La vie musicale au Québec ne s'est donc véritablement développée qu'il y a 200, voire, 150 ans. Et aucune information ne nous permet d'apprendre ce qui se passait en dehors des grandes villes.

 

 
   

À tout seigneur tout honneur

Considérant l'absence de documents traitant de la musique en région, on peut comprendre aisément, devant quelle difficulté nous nous retrouvons pour décrire la situation de la musique dans Lanaudière avant 1850.

 

 
  Il aurait été intéressant de découvrir ce qui a pu se passer, entre autres, dans les diverses seigneuries. Vu l'état actuel des recherches, tout au plus pouvons nous avancer qu'il ne se donnait probablement ni soirées ni concerts dans les seigneuries de la région. Les seules données que nous ayons pu recueillir, concernent James Cuthbert, seigneur de Berthier et la seigneuresse de Sainte-Mélanie d'Ailleboust, Louise-Amélie Panet. 
 

 

Du premier, décédé en 1798, nous savons, après examen de son testament, qu'il a laissé en legs un violon. Nous pouvons donc supposer qu'il jouait de cet instrument, mais rien ne peut nous éclairer davantage.

   

Seigneurie de Sainte-Mélanie d'Ailleboust

Quant à Louise-Amélie Panet, nous sommes en mesure de dire que, formée par les Ursulines de Québec, elle était sensible à la poésie et à la musique. Elle possédait un clavecin dans son manoir et en jouait en présence d'un cercle d'amis. Voici un extrait d'un texte la concernant paru dans un numéro de la revue La Kermesse, datée du 25 novembre 1892:

Musicienne, madame Berczy (Louise-Amélie Panet) s'empressait lorsque la conversation semblait avoir besoin de quelques moments d'interruption, de se mettre au clavecin et de charmer ses visiteurs par son jeu toujours gracieux ou de les toucher par le chant d'une douce romance.

Louise-Amélie Panet-Berczy (1789-1862), vers 1815, Autoportrait, vers 1813-1814, aquarelle et gouache sur ivoire, 6,5 x 5,3 cm, Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada 39740. Source: UdM.

 

 

Il semble que la seigneuresse n'était pas la seule musicienne de la famille. Nous retrouvons, en effet, un portait peint par Louise-Amélie Panet, en 1827, représentant sa sœur, Marie-Anne, jouant de la guitare. Il semble que Marie-Anne était réellement musicienne, puisqu'elle apportait avec elle son instrument lors de ses déplacements, comme le mentionne Louise-Amélie dans son journal, à l'occasion d'un voyage à Kamouraska.

L'hôte, monseigneur Monier, nous aida à descendre de voiture, et avec beaucoup de précautions, mis en sûreté la guittare (sic) de ma sœur, qu'il appela "un gros violon".

 
 

 

Nous n'avons rien pu apprendre d'intéressant sur la question quand aux autres seigneuries de la région. Y faisait-on là également de la musique? Dans l'état actuel de la recherche, il est impossible d'en dire davantage.

I - Le Collège de L'Assomption

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