Le Séminaire de Joliette
 
       
 
  • Une école mise sur pied par Antoine Manseau
  • Le frère Joseph-Louis Vadeboncoeur
  • Une initiation à la musique
  • L'Harmonie du Collège
  • Premier concert au Collège
  • Une harmonie, ça prend des chefs
  • Un centenaire qui annonce le déclin de l'Harmonie
   

L'ancien bâtiment du Collége de Joliette fondé en 1847. Source: ACSV.

 

Une école mise sur pied par Antoine Manseau

Le Collège de Joliette, fondé en 1847, devient, dès sa création, une institution qui voit à l'enseignement de la musique. Mais même avant cette date et quatre ans avant l'arrivée des Clercs de Saint-Viateur à Joliette, Messire Antoine Manseau ouvre une école dans la sacristie de l'église de la paroisse. Elle portera bientôt le nom de Saint-Charles-Borromée du village d'Industrie. Antoine Manseau s'organise rapidement pour offrir aux élèves des cours de piano, d'orgue et de chants.

 
   
 

Joseph-Louis Vadeboncoeur, c.s.v.

C'est grâce au frère Joseph-Louis Vadeboncoeur que se poursuit, au Collège de Joliette (1847), l'initiative musicale entreprise par Antoine Manseau. Il voit à l'enseignement et à l'organisation de cours pour les étudiants. Les élèves peuvent donc apprendre le chant et la musique instrumentale durant les heures de classe, mais également en dehors de celles-ci.

 

L'orchestre du Collège en 1901-1902, sous la direction du père Joseph-Louis Vadeboncoeur. Source: ACSV.

 

Il a recours, à l'occasion, à des laïcs tel Gaspard Beaudoin qui vient donner des cours d'orgue, de violon et de flûte. Une salle de musique est aménagée dans le Collège et comprendra bientôt deux puis trois pianos.

 
   
 

Une initiation à la musique

Déjà à cette époque (seconde moitié du XIXe siècle), le Collège de Joliette compte, parmi ses étudiants, des jeunes qui poursuivront leur formation musicale à Montréal, puis en Europe et qui feront carrière dans le domaine. Il s'agit des frères Ernest et Gustave Gagnon. Ils seront tour à tour organistes à la basilique Notre-Dame de Québec et ils fonderont conjointement, en 1867, l'Académie de musique du Québec.

Charles-Marie Panneton profitera également de son passage au Collège (1851-1861) pour s'initier à la musique avec le frère Vadeboncoeur. Pianiste, professeur et compositeur, il a étudié le piano en 1865 à Paris, entre autres, et seule une santé fragile l'a empêché de mener une véritable carrière. Il a été professeur, organiste et maître de chapelle à Denver, puis il est revenu enseigner à Lachine. Il est l'auteur de quelques pièces pour piano.

 
 
 

Première «bande» au Collège de Joliette en 1871. Source: ACSV.

 

  L'Harmonie du Collège

Même si l'Harmonie du Collège n'est fondée officiellement qu'en 1871 par le frère Vadeboncoeur, les instruments de fanfare n'ont pas attendu cette date pour faire leur apparition dans l'enceinte de l'institution. Déjà en 1850, la bande du collège - autre nom que l'on donnait à la fanfare - va accueillir, en tambours et trompettes, le premier train entrant en gare à l'Industrie. L'Industrie adoptera le nom de Joliette en 1863 lors de l'incorporation de celle-ci.

 

 
 

L'Harmonie prend rapidement part à la vie du collège. Elle est de toutes les célébrations. Elle participe à la fête du curé de la paroisse et à celle du directeur du collège. Elle est présente lors des consécrations d'églises ou des bénédictions de cloches. Elle est également invitée à accueillir les personnalités officielles à Joliette et elle participe à toutes les soirées littéraires ou théâtrales.

 

 

Fanfare du Séminaire de Joliette, vers 1911. Source: ACSV.

 

 

En fait, on la retrouve partout: dans la salle du Collège, dans la rue pour accompagner les élèves à l'aréna lors de la fête sportive annuelle et même à l'extérieur de la ville quand elle participe, par exemple, à la fête des 55 ans de sacerdoce du curé Gagnon à Berthier en 1872. Elle marque en musique les temps forts de la vie de l'institution et de la ville de Joliette.

 
   
 

Premier concert au Collège

La première manifestation publique de l'Harmonie remonte à 1872 alors qu'elle accompagne une séance dramatique. Elle participe également à ce qui semble être le premier concert de l'histoire du Collège en 1879 au cours duquel Alfred Desève, le célèbre violoniste de Montréal alors âgé de 19 ans, interprète Rêveries de Vieuxtemps et deux thèmes de Paganini, entre autres.

 
   
 

Une harmonie, ça prend des chefs

Si on peut souligner, en 1970, le 99e anniversaire de l'Harmonie, c'est grâce à la persévérance et au dévouement de nombreux pédagogues qui ont consacré temps et énergie pour que cette institution grandisse, évolue et se dépasse. Au nombre de ceux-ci, il faut nommer, outre son fondateur, le frère Vadeboncoeur, le Père Philippe Dubé qui dirigera l'Harmonie et l'Orchestre simultanément, en plus d'enseigner le piano, le violon et la clarinette.

 

 

Fanfare du Séminaire en 1913-1914. Source: ACSV.

 

 

Une sorte d'homme-orchestre comme le sera plus tard le père Rolland Brunelle qui remplira des tâches similaires. Mais avant l'arrivée de ce dernier, deux professeurs ont fait leur marque au sein de l'Harmonie. Il s'agit du père Jean Perreault, qui dirige pendant 5 ans une fanfare qui compte 45 musiciens, et de l'abbé Alphonse Fafard.

 
   
  Un centenaire qui annonce le déclin de l'Harmonie

En 1940, les supérieurs du Séminaire nomment le père Rolland Brunelle seul responsable de la musique au Collège. La tâche est immense, il s'y consacrera pleinement. Au début des années soixante, le père Brunelle sent le besoin de constituer une relève pour l'Harmonie. En 1964, la fanfare scolaire est fondée. Elle permettra de former des jeunes qui pourront, une fois initiés à la pratique de leur instrument, intégrer l'Harmonie.

 
       

Article de Cécil Gendreau sur le père Rolland Brunelle paru dans le journal des étudiants du séminaire, L'Estudiant no4, mars-avril 1950. Source: ACSV.

Le père Rolland Brunelle

I - Une vie dévouée à la musique
II -Pédagogue et directeur musical
 

 

Mais tout ce travail demande beaucoup d'énergie… et le père Brunelle est absorbé de plus en plus par le travail avec l'orchestre. Puis les choses évoluent. Les débuts du Cégep bouleversent les données, mais la place accordée à la musique doit être maintenue malgré le changement de vocation de l'établissement, se disent les pères Brunelle et Lindsay..

Les priorités du père Brunelle vont à l'enseignement de la musique: conserver les locaux attribués à la musique pour l'enseignement de celle-ci. Avec les années, il privilégiera les cordes de l'orchestre plutôt que les cuivres de la fanfare.

 

II - Le Séminaire de Joliette (suite)

  • L'orchestre symphonique
  • Le père Bellemare et l'orchestre
  • Un orchestre présent sur toutes les scènes
  • Changement de vocation à l'horizon

L'Orchestre du Séminaire, vers 1950.