Le Séminaire de Joliette
       
 

III - Des professeurs exceptionnels (suite)

  • L'enseignement musical au Collège
  • Une école de musique
  • Des professeurs de musique
  • Des professeurs et des directeurs d'orchestre
  • Les pères Corbeil et Marion: des exemples à part
 
   

 

Le père Joseph-Louis Vadeboncoœur, c.s.v. (1831-1896), qui dirigea la première fanfare du Collège de Joliette, dès 1871, et enseigna la musique pendant 25 ans. Source: ACSV.

 

L'enseignement musical au Collège

Si l'Harmonie et l'Orchestre puis, plus tard, l'Orchestre symphonique des jeunes de Joliette, ont pu grandir et participer activement au développement de la musique à Joliette et dans Lanaudière - pensons seulement au Camp musical de Lanaudière et au Festival International de Lanaudière - c'est que, dès la naissance du Collège de Joliette, des professeurs (les Clercs de Saint-Viateur) ont cru à l'importance de l'enseignement de la musique.

Ils ont fait en sorte que celui-ci devienne un moyen privilégié de développement et de formation globale de l'élève.

 
 

Me. Lucien Dugas. Source: Article de journal «Un soir à l'opérette». Source: CRAL/P0042/D/1.

Après l'incendie de l'aile de brique du Séminaire en 1957, un dortoir servit de salle de musique. Source: ACSV.

 

Une école de musique

Dès l'ouverture de l'institution, les Clercs de Saint-Viateur ont pris les moyens pour offrir aux jeunes des cours de musique de qualité. Ils ont su créer un environnement propice et un cadre où des activités musicales stimulantes ne manquaient pas.

Si en 1946, plus d'une centaine d'élèves fréquentent la salle de musique où travaillent 6 professeurs; si Lucien Dugas donne des leçons de chants à 8 des élèves les plus doués du Séminaire; si Georges Lindsay enseigne le piano à 47 jeunes; si le père Brunelle a 40 étudiants en violon ou en violoncelle et que les douze pianos de l'institution ne parviennent pas à répondre à la demande, c'est que depuis longtemps le Séminaire de Joliette - le Collège de Joliette prend le nom de Séminaire en 1904 - a ouvert, à l'intérieur de ses murs, une véritable école de musique.

   
 

Des professeurs de musique

Il est intéressant de noter que le premier professeur de piano au Collège a sans doute été Damis Paul (1846-1847). Un an donc avant l'arrivée des Clercs de Saint-Viateur. Damis Paul deviendra, par la suite, organiste à la Cathédrale de Montréal, à Saint-Roch de Québec, à l'église française de New-York et directeur musical à Notre-Dame d'Indiana.

Damis Paul ne sera d'ailleurs pas le seul laïc à venir dispenser son enseignement au Collège. Au milieu des années 1880, nous retrouvons le nom d'un autre professeur, Antonio Beaudoin, notaire et musicien bien connu à Joliette. Il en sera ainsi tout au long de l'histoire de cette école de musique qui n'en porta jamais le nom.

 
   
 

Des professeurs et des directeurs d'orchestre

Des dizaines de professeurs se succèdent. Ils enseignent le chant, le piano, le violon et les instruments de la fanfare. Certains y restent des années alors que d'autres ne sont que de passage.

 

 

Le père Dubé dans les vieilles salles de musique du Séminaire, vers 1915. Source: ACSV.

 

L'Orchestre Asselin en 1922. Source: ACSV.

 

 

 

Il faut mentionner le père Desserres qui fonde l'Orchestre; le père Philippe Dubé qui prend la relève et va se perfectionner, durant un an, à l'extérieur de la région; le père Henri Hurtubise qui lui succède à la tête de l'Orchestre et de l'Harmonie; Eugène Chartier de Montréal, violoniste estimé, comme le décrit le Dictionnaire biographique de musiciens, publié en 1922 à Lachine par les sœurs de Sainte-Anne; l'abbé Alphonse Allard qui dirige l'Orchestre de 1930 à 1938; Octavien Asselin qui enseigne le violon pendant dix ans jusqu'à l'arrivée du père Rolland Brunelle et qui dirige à Joliette un ensemble de cordes et de bois, l'Orchestre Asselin; le père Lucien Bellemare qui donne un second souffle à l'Orchestre, Georges Lindsay, professeur d'orgue et de piano qui sera organiste à la Cathédrale de Montréal pendant 25 ans et, finalement, le père Rolland Brunelle qui devient l'homme-orchestre au Séminaire en 1939.

 
   
 

Les pères Corbeil et Marion: des exemples à part

Deux autres professeurs ont joué un rôle important dans la sensibilisation des jeunes à la musique. Nous pensons au père Wilfrid Corbeil qui a été très impliqué dans les arts visuels et qui a fondé le Musée d'art de Joliette. En plus de tenir l'orgue à la chapelle pendant plusieurs années, il a intégré, à ses cours de littérature, des auditions musicales lui permettant ainsi de faire des études comparatives entre écoles littéraires et écoles musicales. C'est également à lui que nous devons la formation de la Société des Amis du Séminaire.

Un autre professeur de lettres s'est aussi intéressé de près à la musique. Le père Étienne Marion enseigne pendant quelque temps le piano. Mais on se rappelle surtout de lui comme l'instigateur de rencontres musicales qui prendront différentes formes: le cercle musical, les concerts-causeries, les matinées artistiques, et l'heure musicale au cours de laquelle on peut entendre de petits ensembles formés de musiciens de la région, mais également d'artistes de Montréal et de Québec.

Pendant des années, le père Marion par le biais, entre autres, de son cercle musical, initiera les élèves du Séminaire à l'écoute de la musique. Les œuvres seront commentées, des conférenciers seront invités. Bref, avec le père Marion la formation musicale devient complète.

On ne fait plus qu'interpréter de la musique, on étudie son histoire et on apprend à la comprendre et à l'aimer. Sans doute inspiré par ce dernier, le père Lindsay reprendra, des années plus tard, des formules similaires pour faire découvrir et apprécier la musique aux élèves du Séminaire.

 

 

Le père Wilfrid-Corbeil, c.s.v., professeur d'art et fondateur du Musée d'art de Joliette. Source: ACSV.

     
 

«La Musique, Puissance d'Expression». Texte d'Étienne Marion paru dans le journal du Séminaire, L'Estudiant vol. 2, no 2, novembre 1937. Source: ACSV.

 

IV - Le Séminaire de Joliette (suite)

  • La Salle académique
  • Société des Amis du Séminaire
  • De grands noms à la Société
  • Le Pageant (1947)
  • Un bilan plus qu'honorable pour le Séminaire
  • Une relève assurée