Le Séminaire de Joliette
 
       
 

IV - Le Séminaire de Joliette (suite)

  • La Salle académique
  • Société des Amis du Séminaire
  • De grands noms à la Société
  • Le Pageant (1947)
  • Un bilan plus qu'honorable pour le Séminaire
  • Une relève assurée
 
   

 

La Salle académique du Séminaire, inaugurée en 1926. Source: ACSV.

 

La Salle académique

La Salle académique du Séminaire de Joliette - rebaptisée Salle Rolland-Brunelle en 1983 - est inaugurée en 1926. Événement dont l'impact est comparable à celui qu'aura sans doute l'ouverture en 1989 du célèbre amphithéâtre et salle de concert si ardemment souhaité pour Joliette, écrivait en 1987 l'auteur de La tradition musicale à Joliette, Raymond Locat.

 

 
 

Cette salle de style Louis XIV peut accueillir 1 200 spectateurs et comprend une scène capable de loger un chœur de 200 chanteurs. Les élèves du Séminaire peuvent enfin entendre des artistes de l'extérieur de passage à Joliette. Ce n'était pas le cas jusqu'alors puisque le règlement l'interdisait.

Les étudiants du collège ne sont pas les seuls à pouvoir profiter de cette salle qui fait désormais l'envie de tous. La population de Joliette et des environs y a également accès. Elle peut y voir et entendre des artistes de la région et de l'extérieur ainsi que l'Harmonie, l'Orchestre et tous les musiciens du Séminaire.

 

 
 

Quelques mois à peine après son ouverture, la Salle ouvre ses portes à 70 musiciens de la Symphonie du Conservatoire national affilié à l'Université de Montréal.

Il est fort à parier que bien des rêves n'auraient pu voir le jour si ce n'eut été de la construction de cette salle!

 

La Salle académique du Séminaire porte aujourd'hui le nom de Salle Rolland-Brunelle. Source: ACSV.

   
 

Programme de la Société des Amis du Séminaire de Joliette, 1949-1950. Source: Musée d'art de Joliette, fonds Wilfrid-Corbeil.

 

Après quelques années de fonctionnement, la Société fait face à un déficit. La Salle académique est gracieusement prêtée par le Séminaire, les anciens font leur part, mais les cachets versés aux artistes dépassent les recettes. L'organisation devra donc être revue.

Un comité indépendant du Séminaire voit bientôt à la mise sur pied d'une campagne de souscription, recrute des abonnés — l'objectif est fixé à 600 membres - et engage les artistes. Des sous-comités sont également formés pour voir à la publicité, entre autres.

 

Société des Amis du Séminaire

Le père Wilfrid Corbeil désire continuer les activités entreprises par la défunte Société des concerts mise sur pied par Lucien Dugas en 1938. Il forme donc en 1940 la Société des Amis du Séminaire baptisée ainsi parce qu'elle fera appel à la générosité des anciens du collège. Elle compte offrir au public des concerts de qualité avec des artistes professionnels ou de jeunes musiciens prometteurs.

 

 
   

Fondation des Jeunesses musicales à Joliette, 1952. (De g. à d.) Gilles Lefebvre, fondateur des JMC, Edouard Gervais, maire de Joliette, Jacques Dugas, avocat. Photo: Studio Nicholson. Source: ACCJ.

 

 

 

Tous les moyens sont mis en branle pour assurer la survie de la Société. Elle se relèvera de cette crise et poursuivra ses activités jusqu'en 1954 au moment où elle laisse la place aux Jeunesses musicales créées à Joliette deux ans auparavant (1952).

 

 
   
 

De grands noms à la Société

La Société des Amis du Séminaire aura présenté à Joliette, pendant plus de dix ans, une quantité impressionnante d'artistes locaux et étrangers de calibre souvent international.

 

 

Annonce du concert des Disciples de Massenet, dans le journal des étudiants du Séminaire, L'Estudiant, vers 1950. Source: ACSV

  Nous n'avons qu'à penser aux Disciples de Massenet, aux Compagnons de Saint-Laurent, à la soprano colorature Pierrette Alarie, aux chanteurs Raoul Jobin, Joseph Rouleau, Léopold Simoneau et Yoland Guérard, à la société Pro Musica Antiqua de Bruxelles, au Trio Donatelli de New-York, au baryton français Gérard Souzay ainsi qu'au grand violoncelliste Paul Tortellier.  
   
 

Le Pageant (1947)

Le Pageant, c'est cette immense fête organisée en plein air dans la cour du Séminaire en 1947 et qui commémore le 100e anniversaire de l'arrivée des Clercs de Saint-Viateur au Québec. Nous croyons important de parler de cet événement d'une ampleur exceptionnelle car il démontre bien l'importance que la communauté religieuse accorde à la culture et aux arts. Cet événement permet de voir comment toute une collectivité a pu en profiter.

 

Affiche du Pageant célébrant le 100e anniversaire de l'arrivée des Clercs de Saint-Viateur à Joliette. Source: ACSV.

 

 

Ce Pageant, le premier a avoir été organisé au Québec, représente également un point culminant pour les organismes et les "artistes" du Séminaire. Pendant trois jours et devant un public nombreux - plus de 10 000 spectateurs -, comédiens, danseurs, musiciens, orchestre et harmonie font preuve de leur talent dans des conditions tout à fait hors du commun.

 

 

La scène du Pageant, dessinée par Wilfrid-Corbeil, c.s.v., qui est aussi l'architecte du Musée d'art de Joliette, qu'il fondera près de 20 ans plus tard. Source: ACSV.

 

Plus de 10 000 spectateurs ont pu assister aux grandes célébrations du Pageant de 1947. Source: ACSV.

 

Sur une scène de 100 pieds de longueur par 80 de largeur et haute de 60, on a monté des décors grandioses conçus par Wilfrid Corbeil. Près de 500 figurants, 300 chanteurs et un orchestre de 75 musiciens ont fait revivre à la foule les temps forts du Séminaire et de l'histoire des Clercs de Saint-Viateur en sol joliettain.

Découpé en 25 tableaux, ce Pageant historique permettra la rencontre du ballet, du théâtre, du chant choral et de la musique. C'est l'occasion pour l'Orchestre du Séminaire, auquel se sont joints des musiciens de Montréal, d'interpréter l'ouverture de Sémiramis de Rossini et la Symphonie no 5 de Tchaïkovski.

Le souvenir de ces célébrations restera ancré dans la mémoire de bien des professeurs, étudiants et citoyens de Joliette. Qui dit que cette fête majestueuse et parfaitement réussie n'incitera pas Fernand Lindsay, alors âgé de 19 ans, à croire qu'à Joliette, il peut se faire de grandes choses.

 
   

L'Harmonie du Séminaire de Joliette, sous la direction de Rolland Brunelle, vers 1940. Source: ACSV.

 

Un bilan plus qu'honorable pour le Séminaire

Nous sommes au milieu des années cinquante, voilà donc plus de cent ans qu'il se fait de la musique au Séminaire de Joliette. Le collège a attiré et contribué à former bon nombre de pédagogues, son harmonie et son orchestre se sont distingués, sa salle académique a accueilli des artistes prestigieux, ses locaux consacrés à la musique sont nombreux et sa réputation est enviable.

 
 

 

Comment expliquer maintenant cette effervescence particulièrement forte au cours des années 1930 à 1960? Nous serions portés à croire que ce bouillonnement est dû en grande partie à un heureux concours de circonstances.

Un concours de circonstances qui a fait qu'à cette période, de nombreux professeurs, à la forte personnalité et aux qualités indéniables de leader, se sont croisés et ont travaillé ensemble à la cause musicale. Si tous ces rassembleurs tels les pères Lucien Bellemare, Étienne Marion, Wilfrid Corbeil, Rolland Brunelle et Fernand Lindsay, ne s'étaient pas tous retrouvés à la même époque au Séminaire, parions que la vie musicale en ces murs n'aurait jamais connu un tel rayonnement!

 

   

Une relève assurée

Et l'histoire aurait pu s'arrêter là…

Mais voilà que deux d'entre eux, des pédagogues, des amoureux de la musique, vont amener l'institution encore plus loin, jusqu'à faire briller la musique bien au-delà des murs de la maison d'enseignement. Ils ont pour noms : Rolland Brunelle et Fernand Lindsay. Ils continueront l'œuvre amorcée par leurs prédécesseurs et contribueront, chacun à leur manière, à faire de Joliette, d'abord, puis de Lanaudière, un sol de musique.

Nous sommes rendus, avec ces deux maîtres de musique, dans l'ère moderne, au moment où les retombées dépassent les frontières de la région, de la province et du pays. Mais avant de parler de leurs vies et de leurs œuvres, nous allons voir comment, dans la ville de Joliette, on accueillait la musique.

 

Les pères Fernand Lindsay et Rolland Brunelle devant le Noviciat des Clercs de Saint-Viateur à Joliette. Source: AFL.

 

 
 

I - Joliette en musique

  • Une fanfare et un orchestre à Joliette
  • Les premiers concerts à Joliette
  • Déjà des salles de spectacles
  • Musique sacrée et liturgique
  • Société philharmonique Sainte-Cécile
  • La Cathédrale de Joliette
  • Joseph-Albert Contant