Joliette en musique
 
       
 

I - Joliette en musique

  • Une fanfare et un orchestre à Joliette
  • Les premiers concerts à Joliette
  • Déjà des salles de spectacles
  • Musique sacrée et liturgique
  • Société philharmonique Sainte-Cécile
  • La Cathédrale de Joliette
  • Joseph-Albert Contant
 
   
 


Barthélemy Joliette, fondateur de Joliette, aurait tenu des concerts dans son manoir. Source: Musée d'art de Joliette.

 

Une fanfare et un orchestre à Joliette

Bien que l'on sache, grâce à l'inventaire des biens de la famille, effectué en 1850, qu'il y avait un piano dans la résidence de M. Barthélemy Joliette, nous ignorons quel genre de musique il pouvait s'y faire.

En fait, comme nous l'apprend Raymond Locat dans son livre, La tradition musicale à Joliette, nous n'avons guère d'informations pouvant nous renseigner sur la vie musicale à Joliette avant la seconde moitié du XIXe siècle.

 

 

Raymond Locat, auteur du livre La tradition musicale à Joliette.

 
 

 

D'après les journaux de l'époque, que Raymond Locat a minutieusement fouillés, il y aurait eu à Joliette, probablement, dès le début des années 1850, une fanfare composée de 6 à 8 membres.

Nous retrouvons des traces de cet ensemble à différentes époques au cours des trente à quarante ans qui vont suivre. S'agit-il toujours de la même formation? Il est difficile de le savoir. Il est également question d'un orchestre, mais encore là les détails sont rares et ne nous permettent pas d'en connaître davantage.

   
 

 

 

Emma Lajeunesse, célèbre cantatrice. Illustration parue dans le journal L'Opinion publique en 1872.

 

Les premiers concerts à Joliette

Le premier concert donné à Joliette a sans doute été celui de Emma Lajeunesse en 1857. La chanteuse, qui n'a alors que 8 ans, deviendra une célèbre cantatrice qui se produira avec succès sur les grandes scènes d'Europe, notamment.

Tous les concerts n'accueilleront pas des artistes qui atteindront une aussi grande notoriété qu'Albani (Emma Lajeunesse).

 
 

 

Il reste que plusieurs de ces soirées musicales présenteront de très bons musiciens de Montréal et de la région comme en font foi la participation des Gustave Jacquard, Premier Prix du Conservatoire de Paris, en 1870; de Calixa Lavallée, pianiste et compositeur de deux opéras, de plusieurs pièces instrumentales et auteur du O Canada, en 1876; du violoniste virtuose d'origine belge, Jehin Prume en 1876 et du Quatuor Massenet de Montréal en 1898.

La première soirée d'opéra a été donnée en janvier 1876 et elle nous a permis d'entendre, entre autres, l'opéra-comique Le royal dindon avec la participation de J. Delfausse.

 

«Grande séance dramatique et musicale par les amateurs de Joliette, dans l'église neuve de Joliette, pour l'achat d'un autel au Sacré-Coeur». Au programme : Les Pirates de la Savane, drame en cinq actes et six tableaux, et la Fanfare du Collège, le 29 décembre 1891. Source: ASHJL.

   
 

Déjà des salles de spectacles

Généralement, ces concerts célèbrent la musique classique et la plupart du temps des compositeurs du XIXe siècle tels Henri-William Ernst et Théodore Doehler. Mais on y entend aussi, à l'occasion, de la musique légère et des variétés.

Ces concerts ont lieu très souvent à la salle de l'Institut ouverte en 1857 et conçue pour les spectacles. La bâtisse qui abrite cette salle comprend également une bibliothèque et un salon pour lire les journaux. Elle a été construite sur l'initiative d'un groupe de citoyens qui, trois ans auparavant, avait formé un organisme baptisé Institut d'artisans et association de bibliothèque du village d'Industrie. Son objectif est d'offrir à la population un lieu propice à la tenue d'événements à caractère culturel. Une sorte de centre culturel avant la lettre!

L'Institut d'artisans met fin à ses activités en 1909. Mais l'édifice existe toujours sur le boulevard Manseau à Joliette. Il abrite maintenant un restaurant.

La Salle du Marché sur le site de ce qui est aujourd'hui la Place Bourget, au centre-ville de Joliette. Source: Joliette illustré, 1893, ACSV.

 

 

La salle de l'Institut à Joliette, ouverte en 1857 et conçue pour les spectacles. Source: Joliette illustré, 1893, ACSV.

 
 

 

 

La salle de l'Institut à Joliette, transformée aujourd'hui en restaurant.

 

La grande Salle du Marché (sur la place du même nom) est convertie en salle de théâtre vraisemblablement vers 1894. Elle servira de lieu de rassemblement pour des organismes, des rencontres politiques, mais surtout pour présenter du théâtre et des concerts.

 
 

 

Il y a un autre endroit à Joliette qui offre aux artistes de la région et de l'extérieur une salle pour se faire entendre. Le théâtre Passe-Temps présentera en effet des soirées musicales.

Il mettra également au programme des films muets qui seront accompagnés très souvent par la musique d'artistes de la région. Cette salle a disparu en 1940 détruite par un incendie.

 

 
 

Concert donné par Mademoiselle Eugénie Chevalier, soprano, sous le patronage du maire de Joliette, à la Salle du Marché, le 3 juillet 1906. Source: ASHJL.

 

Au programme, avec l'Orchestre de Joliette. Source: ASHJL.

 
   
 

Concert sacré à la Cathédrale de Joliette, sous le patronage des Chevaliers de Colomb, au profit des pauvres et des orphelins, novembre 1931. Source: ASHJL.

 

 

Musique sacrée et liturgique

Depuis longtemps, la musique est mise au service de la liturgie. Elle est de toutes les messes, fêtes et solennités. Elle est particulièrement présente lors des cérémonies de la Fête Dieu célébrées à l'extérieur de l'église.

Joliette ne fait pas exception à la règle et l'on retrouve, dès le début des années 1860, un chœur de chant et une fanfare qui accompagnent le cortège de fidèles.

 

Avant même que ne naissent les ensembles de musique vocale religieuse, on se rendait au presbytère pour y entendre des chanteurs de Joliette qui se rassemblaient durant deux à trois jours pour souligner ce que l'on appelait alors les Quarante-heures.

 

La famille Paquin de Saint-Cuthbert

  • Norbert-Napoléon-Zénon Paquin
  • Anna Paquin
  • Joseph E. Paquin
   
 

Société philharmonique Sainte-Cécile

Un chœur de chant est formé en 1892 à Joliette et prend le nom de Société philharmonique Sainte-Cécile. Il a pour but de rehausser l'éclat des cérémonies religieuses.

La direction en est assurée par Hector Beaudoin qui vient d'une famille de musiciens bien connue de Joliette. Il cédera sa place à J.-Baptiste Lafrenière à son arrivée de Louiseville en 1896.

M. Lafrenière enseignera le piano, le violon, le cornet et la clarinette, en plus de diriger l'harmonie de Joliette. Il quittera toutes ces fonctions quelques années plus tard.

Dès lors, nous ne savons plus ce qu'il advient de la Société.

 

 

Le jeudi 9 mars 1926, «Soirée dramatique, comique et musicale, sous la présidence de Monsieur le Maire et de Madame la Mairesse, donnée par le Cercle Sainte-Cécile de Joliette, au profit de l'hôpital Saint-Eusèbe». Source: ASHJL.

Programme de la soirée. Source: ASHJL.

 
   
 

Programme du concert à la Cathédrale de Joliette, 1er mai 1917. Source: ASHJL.

 

Invitation à l'inauguration de l'orgue de Saint-Pierre par le professeur Joseph-Albert Contant, béni par Mgr. Forbes. Source: ASHJL.

 

 

La Cathédrale de Joliette

Si l'ouverture de la Cathédrale s'est fait en 1893, ce n'est qu'en 1904 qu'est institué le diocèse de Joliette avec la nomination de son premier évêque Mgr Archambault.

La cathédrale deviendra en quelque sorte le centre de la musique religieuse à Joliette grâce à son orgue Casavant inauguré en 1906, à ses organistes et maîtres de chant, à son orchestre ainsi qu'au Chœur de la Cathédrale.

Antonio Beaudoin, le frère d'Hector qui dirige la Société philharmonique, est le premier titulaire de l'orgue. Joseph-Albert Contant, né à Montréal en 1877 et frère du compositeur Alexis Contant, est maître de chapelle. Il deviendra après le départ de M. Beaudoin l'organiste de la Cathédrale.

Le Chœur est parfois accompagné, lors de certaines cérémonies, d'un orchestre dont on retrouve les premières traces en 1905. L'ensemble semble être formé, en partie, de musiciens provenant de l'Union musicale. C'est d'ailleurs le chef de celle-ci, Émile Prévost, que nous retrouvons à la tête de l'orchestre en 1906.

 
 
 

Joseph-Albert Contant

Joseph-Albert Contant sera l'organiste de la Cathédrale de Joliette jusqu'en 1940. Il donnera des cours de piano au Séminaire de Joliette, assurera la direction de la fanfare des Zouaves de Joliette formée en 1918, composera de la musique profane et religieuse (plus de 140 pièces dont 61 marches militaires) et dirigera, quelque temps, l'Orchestre Contant dans lequel jouent ses deux fils, Albert et Lucien.

 

 

Joseph-Albert Contant, musicien et professeur. Source: ACSV.

       
 

C'est à lui que nous devons l'organisation de programmes de musique sacrée à Joliette dont les concerts sont donnés dans diverses paroisses, mais spécialement à la Cathédrale.

Il présente lui-même des concerts d'orgue au cours desquels il fait une place privilégiée au répertoire canadien, incluant ses propres compositions.

C'est sans doute à lui que nous devons également la tenue de grands concerts à la Cathédrale, tel celui du compositeur et organiste français Marcel Dupré, de passage à Montréal et à Saint-Hyacinthe pour rencontrer les Casavant en 1922 ou celui de Vox Canadiana, un chœur de 80 voix mixtes, accompagné au piano par Marguerite Lesage.

Notons que cette dernière est familière avec ces concerts puisqu'elle a déjà donné à Joliette des récitals d'orgue. Native de Saint-Félix-de-Valois, Marguerite Lesage s'est produite en France et en Allemagne à l'âge de 14 ans. Elle est également retournée en Europe, deux ans plus tard, grâce à une bourse du gouvernement.

 

 

Programme de la Soirée-Concert offerte par Les Zouaves de Joliette, les 27 et 28 février 1924. Source: ASHJL.

 

Au programme: La fanfare des Zouaves de Joliette, incluant une pièce de J.A. Contant, Le Diable aux Manoeuvres, comédie militaire en un acte, et Les Crampons de Sauvetage, comédie en 4 actes. Source: ASHJL.

 

 

L'organiste français Marcel Dupré, de retour au Québec vers 1940, aura, entre autres, formé l'organiste Louis Guillemette, qui mènera une longue carrière et fondera plus tard, à Mascouche, la Société des arts T.M.L. Source: LAG.

II - Joliette en musique (suite)

  • Des cours privés à Joliette
  • Des professeurs qui font école
  • Alma Lavallée et Octavien Asselin
  • Des leçons de chant
  • L'Association des chanteurs
  • Soirées d'opérette
  • Des spectacles à grand déploiement